Solidaris encourage ses affiliés à se faire vacciner contre le coronavirus. Vous avez des questions concernant la vaccination ? Vous avez reçu une invitation pour une dose supplémentaire de vaccin ? Nous sommes à votre écoute dans nos agences. Pour plus d’information, rendez-vous sur le site jemevaccine.be. Retrouvez également votre Covid Safe Ticket sur le portail Masanté.

Province de Namur

Choix de région

Consommation de médicaments en maison de repos : des résultats nuancés (juin 2013)

​Le Service Etudes de Solidaris- Mutualité Socialiste a suivi la consommation de médicaments remboursés chez 6.943 patients âgés de 70 ans et plus, 6 mois avant et 6 mois après leur entrée en maison de repos.

En matière de politique de soins de santé, la question de la consommation de médicaments des personnes âgées résidant en maison de repos constitue un sujet de préoccupation. Les résultats obtenus nuancent ceux d’études précédentes qui soulignaient une surmédication ou polymédication en maison de repos.

L’analyse menée par le Service Etudes de Solidaris - Mutualité Socialiste a principalement porté sur trois questions :

  1. Quel est le volume global des médicaments consommés?
  2. Quel est le nombre de médicaments différents consommés ?
  3. Existe-t-il des modifications majeures dans les traitements suivis ?

Résultats

Le volume de médicaments consommés n’est pas plus important en maison de repos qu’à domicile pour une même population. En moyenne, un patient consomme 973 DDD* au cours des 6 mois précédant son entrée en maison de repos et 954 DDD au cours des 6 mois suivant son entrée en maison de repos.

L’institutionnalisation n’a pas d’impact sur le nombre de médicaments différents consommés par les personnes âgées. En moyenne, les patients consomment 8 molécules différentes et ce chiffre reste identique 6 mois avant et 6 mois après l’entrée en maison de repos.

L’entrée en maison de repos se traduit par des modifications importantes dans les traitements prescrits. La proportion de patients traités par antidépresseurs et antipsychotiques passe respectivement de 39% et 13% avant l’entrée en maison de repos à 45% et 18% après l’entrée en maison de repos. Inversement, la proportion de patients sous antiagrégants et statines – médicaments pour traiter des affections cardiovasculaires – diminue après l’entrée en maison de repos : 30% des patients qui étaient sous antiagrégants et 23% des patients qui étaient sous statines avant leur entrée en maison de repos arrêtent leur traitement.

Solidaris - Mutualité Socialiste formule les recommandations suivantes :

Enregistrer les médicaments non remboursables dans Pharmanet : en effet, les médicaments non remboursés ne sont pas enregistrés par les pharmaciens via le réseau Pharmanet. Leur enregistrement permettrait d’avoir une vue complète de la consommation de médicaments des personnes âgées de manière à permettre une évaluation qualitative de celle-ci mais aussi des coûts supportés en matière de soins médicamenteux.

Monitorer la qualité de la prescription en maison de repos : les variations de la médication suite à l’institutionnalisation sont interpellantes. Des évaluations qualitatives régulières des prescriptions sur base d’un feed-back spécifique aux maisons de repos devraient être envisagées en partenariat avec les médecins et pharmaciens. Imposer un médecin coordinateur ainsi qu’un formulaire pharmaceutique (déjà intégré dans les normes d’agrément des maisons de repos et de soins) dans les institutions permettrait également une meilleure médication pour le résident. La gestion des médicaments au sein de la maison de repos par le médecin coordinateur et la possibilité pour ce dernier de modifier la prescription sur base du formulaire thérapeutique et en concertation avec le médecin traitant doivent également être envisagés.

Une médication « sur mesure » du patient en maison de repos : celle-ci passe notamment par la préparation de médication individuelle (PMI) dont les règles ont été récemment publiées (Arrêté Royal du 24 septembre 2012 établissant les règles relatives à la préparation de médication individuelle) ainsi qu’une tarification à l’unité. Ces nouvelles dispositions vont permettre au pharmacien, au médecin traitant et au médecin coordinateur d’avoir une vue précise sur l’historique thérapeutique du patient. Solidaris - Mutualité Socialiste plaide pour étendre la PMI et la tarification à l’unité aux personnes âgées à domicile.

Plus d’attention pour le bien-être des personnes âgées en maison de repos : le changement d’environnement peut générer un stress chez la personne âgée et influer sur son état physique et psychique. Bien trop souvent, le médicament est la première réponse apportée alors qu’on peut agir préventivement. Il faut éviter tout « placement » en urgence : la préparation à l’institutionnalisation (visites d’établissements, discussions avec l’entourage,…) peut rassurer le futur résident. Consacrer suffisamment de temps à l’accueil de la personne lors de son arrivée et prévoir un accompagnement individuel doivent également être envisagés. Il faudra ensuite proposer des activités prônant l’autonomie en fonction des attentes de la personne. De plus, le projet d’établissement devrait permettre au résident d’avoir encore une utilité sociale au sein de la maison de repos et donc de se sentir mieux.

*La DDD (Defined Daily Dose) est une unité de mesure définie par l’Organisation Mondiale de la Santé et recommandée dans le cadre d’études sur l’utilisation de médicaments. La DDD est la dose quotidienne de traitement d’un médicament dans son indication principale pour un adulte.

 Télécharger la synthèse de l'étude