Pro Santé

Cancer du pancréas : Mutualités et médecins appellent d’urgence à faire avancer les centres de référence (04/06/2015)

L’Agence Intermutualiste (AIM) démontre à nouveau que le risque de mortalité après avoir subi une opération de Whipple est deux fois plus élevé dans les hôpitaux pratiquant moins de dix interventions par an. Les chiffres restent inchangés malgré les précédents appels en faveur de centres de référence. Il est urgent d’agir.

L’opération de Whipple : la seule chance de guérison

Le cancer du pancréas devient un des cancers les plus mortels en Belgique avec près de 1 600 décès par an. La seule chance de guérison pour les patients est une opération du pancréas risquée : l’opération de Whipple. Elle constitue à extraire la tête du pancréas, ainsi que le duodénum, le canal biliaire, la vésicule biliaire et parfois une partie de l’estomac. Après l’intervention, la partie restante du pancréas, le foie et la voie biliaire et l’estomac sont reconstitués.

Faut-il centraliser les opérations du pancréas ?

Dès 2009, différentes instances ont plaidé pour une centralisation des opérations du pancréas en Belgique grâce à un argument scientifique de poids. Selon une étude, les centres hospitaliers qui pratiquaient moins de dix interventions par an affichaient en effet un risque de mortalité de 11%, soit le double de ceux comptabilisant plus de dix interventions par an.

Les derniers chiffres de l’Agence Intermutualiste (AIM) indiquent en outre que le risque de mortalité dans les hôpitaux sans expertise suffisante est deux fois plus élevé. Au total, 1 808 opérations durant cette période ont été pratiquées dans 91 centres. Le risque de mortalité durant l’hospitalisation à l’échelon national a légèrement diminué par rapport à il y a dix ans, atteignant 7,1%. Il est étonnant de remarquer que 9 hôpitaux sur 10 ont pratiqué moins de dix opérations de Whipple, affichant un risque de mortalité (accru) de 10%. Cela représente au total la moitié des interventions et deux tiers des décès. Seul un hôpital sur dix pratique chaque année plus de dix opérations, pour un taux de mortalité moyen durant l’hospitalisation de 4,7%.

L’Agence Intermutualiste (AIM), la Belgian Section of Hepatobiliary and Pancreatic Surgery (BSHBPS) et le Belgian Group of Digestive Oncology (BGDO) appellent d’urgence à une réflexion visant à se pencher, dans le plan de réforme, sur l’élaboration et la mise en œuvre de soins pour le cancer et les opérations du pancréas.

Plus d'informations sur le site de l'AIM