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Pro Santé

Une minorité de patients supporte la majorité des coûts des soins de santé (13/11/2014)

Selon l’AIM, les 5% des affiliés ayant les dépenses de soins de santé les plus élevées concentrent 53% des remboursements. Les dépenses de soins de santé de ces affiliés s’élèvent en moyenne à près de 25.000 € par an, dont plus de 1.400 € sont à leur charge. Il s’agit essentiellement de patients souffrant de pathologies chroniques.

L’Agence Intermutualiste (AIM) a récemment publié une série de statistiques inédites, basées sur des « courbes de Lorenz » pour l’ensemble de la population (voir graphique ci-dessous) ainsi que pour la population spécifique des malades chroniques. Ces courbes illustrent la manière dont les dépenses de soins de santé (remboursements mais aussi tickets modérateurs et suppléments) se répartissent sur la population belge.

Que montrent ces graphiques et ces chiffres ?

  • Les dépenses en soins de santé se concentrent sur une très faible partie de la population. Les 5% des affiliés avec les dépenses de soins de santé les plus élevées concentrent 53% des remboursements ; 42% des suppléments et 18% des tickets modérateurs nets (c’est-à-dire après remboursement par le Maximum à facturer). En moyenne, ces affiliés ont une dépense de soins de santé de 24.382 € de par an, dont 1.438 € à leur charge. C’est respectivement 10 et 6 fois plus que le belge moyen.
  • Il s’agit essentiellement de patients souffrant de pathologies chroniques. En moyenne, la dépense de soins de santé d’un malade chronique se monte à 25.566 € par an. Pour les 5% d’entre eux dont les dépenses sont les plus élevées, le coût annuel est de 91.363 € par an, soit 37 fois plus que la moyenne !
  • Si l’assurance maladie obligatoire prend en charge 95% des dépenses des malades chroniques, ces patients déboursent encore en moyenne annuellement 1.347 € pour leurs dépenses de soins de santé (2.199 € pour les 5% dont les dépenses sont les plus élevées).

Il est évident que dans un système d’assurance maladie privée, ces patients cumulant des dépenses élevées de soins de santé ne seraient jamais couverts. Les assureurs en concurrence cherchant à maximiser leur profit vont tout faire pour ne pas prendre en charge ces « 5% de mauvais risques » et se concentrer sur les 95% restants, c’est-à-dire la population en « bonne santé ». En effet, en cumulant « seulement » 73% de la dépense totale, en moyenne ces assurés ont une dépense annuelle inférieure de 23% à la moyenne nationale. 

 
 
 
Cette analyse montre que l’assurance maladie obligatoire n’est pas uniquement un choix éthique mais que c’est aussi le choix le plus efficace pour couvrir les coûts des soins de santé de la population.
Pour Solidaris – Mutualité Socialiste, il faut continuer d’investir dans l’assurance-maladie pour couvrir les besoins urgents aujourd’hui insuffisamment remboursés comme les soins dentaires ou les soins de santé mentales mais aussi renforcer l’accessibilité financière aux soins des malades chroniques. Cependant, ce Gouvernement prend le chemin opposé et la pérennité de notre système d’assurance maladie est mise à mal :

  • Jamais depuis l’instauration d’une norme de croissance des dépenses de soins de santé en 1993, l’assurance maladie n’aura du fonctionner dans un cadre budgétaire aussi contraignant. Il faudra au minimum 1,9 milliard € d’économies à l’horizon 2018 pour respecter la nouvelle norme de croissance de 1,5% du budget des soins de santé.
  • Avec les mesures d’ores et déjà décidées dans le cadre du budget 2015, ce Gouvernement a montré qu’il n’hésitera pas à prendre des économies qui vont toucher directement les patients et les malades chroniques en particulier. C’est un précédent inquiétant par rapport à la politique menée jusqu’à présent et qui avait certes réalisé des économies importantes mais en veillant à ne pas réduire les remboursement aux patients.

Pour en savoir plus :
http://www.nic-ima.be/fr/imaweb/P/content/imaweb/projects/lorenz/ABBE.html