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COVID 19 : les trentenaires plus refractaires au coronapass

​Est-ce que le coronapass est une bonne idée ? Est-ce que les mesures prises par le gouvernement étaient justifiées ? Avez-vous l’intention de vous faire vacciner ? Solidaris a interrogé Wallons et Bruxellois. Résultats : 40% des sondés sont réticents à l’idée d’un coronapass et 4 personnes sur 10 jugent les mesures trop strictes. Si la méfiance envers les vaccins recule, les trentenaires restent sceptiques. Analyse… 

Depuis 2 mois, Solidaris mène deux études en parallèle. La première portant sur l’adhésion aux mesures covid et la seconde sur le positionnement des Belges francophones face à la vaccination. « Aujourd’hui, nous constatons que les résultats se rejoignent et se complètent », explique Delphine Ancel, responsable des études chez Solidaris. 

Le coronapass ne fait pas l’unanimité
A la question « est-ce que le coronapass est une bonne idée ? », 1/3 des sondés se dit « tout à fait pour », 1/4 répond « pourquoi pas », 1/5 « bof » et 1/5 « pas du tout ». Si 6 personnes sur 10 sont donc plutôt favorables à l’idée d’un pass, 4 sondés sur 10 ne sont pas enchantés voire réticents. « En dessous de 40 ans on est sur du 50/50 avec toutefois un rejet bien plus marqué chez les 35-39 ans (plus du tiers exprime un « pas du tout ») et un rejet bien moins marqué (19%) chez les 18-30 ans (qui se caractérisent au sein du groupe des opposés par plus de « bof »). Au-delà de 65 ans, on monte à plus de 3/4 d’adhésion », détaille la chargée d’étude. 

Si l’état de santé général des sondés ainsi que leur groupe social semble avoir peu d’impact sur les résultats, on constate toutefois un rejet du coronapass plus marqué à Bruxelles qu’en Wallonie (23% à Bruxelles et 18% en Wallonie). Parmi les moins de 40 ans, on monte à 36% de rejet à Bruxelles contre 23% en Wallonie. On note cependant plus d’adhésion franche « tout à fait » dans cette tranche de population (27% à Bruxelles et 18% en Wallonie).
 « Au-delà de l’âge et de la région, on constate d’autres particularités propres aux personnes qui rejettent le coronapass », continue Delphine Ancel. « Elles sont plus nombreuses à trouver que la démocratie ne fonctionne pas bien en Belgique ou que le gouvernement est plus attentif aux intérêts de l’industrie pharmaceutique qu’aux intérêts des individus. Elles accordent moins leur confiance aux acteurs politiques, au monde scientifique et aux virologues présents dans les médias. Certaines ressentent de la colère ou sont inquiètes quant à l’impact de la crise sur les libertés individuelles. Enfin, elles ont plus souvent été confrontées à de la violence au sein de leur entourage, ce qui peut laisser présager d’un sentiment d’abandon ressenti de la part des institutions, qui n'ont pas été capables de les protéger. »

Des mesures trop strictes ou trop faibles ?
« Cette question divise clairement la population Belge Francophone. La plus grande part des sondés (40%) trouve que les mesures ont été justifiées. De part et d’autre de ce groupe, on a deux groupes de 30% qui trouvent qu’elles ont été trop faibles ou trop strictes ». 
L’état de santé des sondés joue un rôle certain dans ces résultats. 43% des gens en incapacité de travail et 36% des personnes se jugeant en mauvaise ou très mauvaise santé ont trouvé les « mesures trop faibles ». 38% des personnes s’estimant en très bonne santé ont trouvé que cela était trop strict.
« Le croisement avec d’autres questions de notre étude montre que ceux qui ont jugé les « mesures trop faibles » sont, entre autres, plus nombreux à être inquiets pour la santé de leurs proches, à faire des insomnies et à dire qu’ils se nourrissent mal pour des raisons financières », ajoute Delphine Ancel. « Ceux qui ont jugé les « mesures trop strictes » se distinguent particulièrement du groupe des « mesures justifiées » par leur défiance vis-à-vis du monde scientifique et des experts de la pandémie. Ils sont très sensibles quant à l’impact sur les libertés individuelles. Ils sont aussi davantage à dire qu’aller au restaurant et dans les festivals leur a manqué ». 

Vaccination : la méfiance en baisse 
L’étude menée, au début du mois de juin auprès des affiliés Solidaris en Wallonie, sur la vaccination semble confirmer une baisse générale de la méfiance envers les vaccins. 80% des sondés sont soit déjà vaccinés soit prêts à le faire. « On passe de 22,6% en mars (et 25,1% en janvier) de personnes qui déclarent qu’elles ne se vaccineront pas à 11,1% en juin. Et une incertitude plane pour 8% des sondés alors qu’on était à 17 % en mars et 28% en janvier », constate la responsable des études. 
Au sein des réfractaires, on note, ici aussi, une légère sur-représentation des 31-45 ans (15,3%) et des groupes sociaux défavorisés (15,3%). « Le manque d’information sur les effets secondaires négatifs est la principale raison qui freinent les gens à se faire vacciner (22,5% d’entre eux vs 17,7% en mars). 15% se vaccineront seulement si le vaccin devient obligatoire (6,5% en mars), et 13,8% veulent des informations sur les effets positifs.
« Les deux études nous montrent, une fois de plus, que ces questions (vaccination, coronapass, …) transcendent la société et se jouent des clivages habituels (groupes sociaux, sexe…) », conclut Delphine Ancel.