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L’importance du suivi gynécologique

​Paris Match Belgique publie chaque semaine une chronique sur la santé des Belges avec Solidaris. Lisez-là, c’est plein d’infos !​

 

Au printemps dernier, Solidaris prenait la décision de rembourser intégralement le ticket modérateur chez le gynécologue. Les docteurs Coraline Cornez et Noémie Valenne soutiennent cet avantage.

Vous exercez l'une et l'autre en tant que médecins dans le centre de planning familial des FPS de La Louvière, où vous recevez en consultation une majorité de femmes. Quelles sont les situations qui motivent la consultation chez le gynécologue ?

Coraline Cornez. La première est une démarche de prévention et de dépistage : la prescription d'une contraception (prévention des grossesses non désirées, règles douloureuses), le dépistage des IST (infections sexuellement transmissibles), l'administration du vaccin contre le HPV, de même que le dépistage de cancers gynécologiques et mammaires.

La seconde situation est une démarche diagnostique et thérapeutique : problèmes de règles, saignements anormaux, douleurs pelviennes, maladies sexuellement transmissibles, infertilité, cancers génitaux ou mammaires ainsi que le diagnostic et le traitement de la ménopause, voire les troubles de la vie sexuelle.

Enfin, la troisième situation est une démarche autour de la grossesse : mise au point d'infertilité, suivi de la grossesse et accouchement, indécision par rapport à une grossesse.

A la lumière de tous ces cas de figure, on voit bien que le suivi gynécologique annuel est important pour toutes les femmes, quel que soit leur âge. Ce suivi peut être réalisé dans un centre de planning familial où travaillent des gynécologues et des médecins généralistes tels que nous, formés à la pratique de la gynécologie.

A partir de quel âge et à quel rythme une femme doit-elle consulter son gynécologue ?

Noémie Valenne. De manière générale, il est conseillé de le voir une fois par an dès les premiers rapports sexuels. Dans certaines circonstances telles que le suivi de grossesse, l'infertilité ou les pathologies gynécologiques, les consultations seront plus fréquentes.

En centre de planning familial, à quel type de demandes répondez-vous le plus souvent ?

Noémie Valenne. Celles concernant la première contraception, la visite de contrôle annuelle et le dépistage des IST, auquel il convient d'apporter une attention particulière au vu de leur recrudescence en Belgique, tant chez les hommes que chez les femmes. Le dépistage du cancer du col de l'utérus et l'administration du vaccin HPV, l'interruption volontaire de grossesse et les troubles sexuels constituent également des raisons fréquentes de consultation. Les demandes d'IVG sont toujours prises en charge par l'équipe pluridisciplinaire composée de médecins, psychologues, assistantes sociales et juriste. Lorsque nous diagnostiquons des pathologies gynécologiques qui ne peuvent être traitées dans un Centre de planning familial, nous dirigeons nos patientes vers des gynécologues hospitaliers. Nous accordons dans l'équipe une attention particulière à la prévention des IST. En effet, le nombre de personnes infectées par la syphilis et la chlamydia a fortement augmenté en Belgique ces dernières années.

Nous organisons également, à l'intention des jeunes, des consultations le mercredi après-midi sans rendez-vous. Les adolescentes y viennent le plus souvent pour une prescription de contraceptifs. Nous prenons toujours le temps, après l'anamnèse médicale et un bilan éventuel, de déterminer le moyen contraceptif qui convient le mieux, d'en expliquer son utilisation et de sensibiliser aux prises de risques (IST, grossesses non désirées, respect de soi et de l'autre dans la relation). Nous leur proposons également la vaccination contre le HPV. Il est important de préciser aux jeunes que ces consultations ne nécessitent pas toujours un examen gynécologique. Nous répondons aussi à toutes les questions relatives à la sexualité.

Par Philippe Fievet - Paris Match en collaboration avec les mutualités Solidaris - Parution 08/09/2016