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​Le taux cohabitant : un statut à supprimer ?

Connaissez-vous le taux cohabitant ? En Belgique, lorsqu’un bénéficiaire d’allocations (chômage ou invalidité) ou d’aides sociales (comme le revenu d’intégration sociale) cohabite avec quelqu’un, le montant qui lui est octroyé subit le « taux cohabitant ». Ce qui a pour conséquence d’entraîner une diminution du montant des allocations attribué aux personnes cohabitantes, comparé aux montants attribués aux personnes vivant seules et aux personnes seules vivant avec des enfants à leur charge.


Ce taux a été introduit en 1980 pour l’assurance-chômage et en 1986 pour l’assurance d’incapacité de travail et d’invalidité. Ces deux branches de la Sécurité sociale sont donc depuis indemnisées selon trois statuts différents : celui de chef de ménage, d’isolé ou de cohabitant.

Allocations réduites

Qui est considéré comme cohabitant ? Un cohabitant est une personne qui habite avec une ou des personnes ayant un revenu professionnel et ne peut justifier de charge de famille. Il y a cohabitation lorsque deux ou plusieurs personnes vivent sous le même toit et règlent en commun les questions ménagères.

Mais attention aux subtilités législatives et administratives : le taux de cohabitant n’a pas la même définition ni la même application dans les différents régimes d’assurances et d’aides sociales. Le « taux cohabitant » n’est donc pas unique mais multiple.

Ainsi, une personne au chômage qui cohabite reçoit deux fois moins qu’une personne isolée au chômage. Preuve par les chiffres, en 2015, les montants mensuels minimaux d’allocation de chômage pour une personne cheffe de ménage s’élevaient à 1.127,62 €, pour un isolé à 972,14 € contre 513,50 € pour un cohabitant.

« Cette réduction importante du montant entre personne isolée et personne cohabitante repose sur une vision erronée de la cohabitation et ne prend pas du tout en compte les changements des modes de vie actuels (familles recomposées, colocation…) », explique Eléonore Stultjens, chargée d’études auprès du Secrétariat général des Femmes Prévoyantes Socialistes. Cette politique financière impacte les conditions de vie de pas moins de 215.985 personnes au chômage, de 43.985 personnes bénéficiant du Revenu d’Intégration Sociale et de 207.383 personnes en invalidité.

D’après la FGTB, 90 % des allocataires sociaux se trouvent sous le seuil de pauvreté.

Les Femmes Prévoyantes Socialistes se joignent donc aux nombreuses associations et structures féministes ou luttant contre la précarité telles que le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, la Ligue des familles, le Collectif Solidarité Contre l’Exclusion, Solidaris ou encore Vie Féminine pour appeler à une suppression du taux cohabitant qui, d’après elles, précarise davantage les allocataires sociaux. La Ligue des familles a d’ailleurs lancé une pétition en ce sens. 

Laurence BRIQUET - Sud Presse - 19/10/2019

Le cas concret de Leticia, 25 ans

Sacrifier sa vie de couple pour protéger ses finances

Leticia, 25 ans, vit avec ses 2 enfants qui sont à sa charge. Elle est demandeuse d’emploi et bénéficie d’allocations d’insertion (chômage basé sur les études) en tant que cheffe de ménage, soit un montant de 1.238,38 € par mois.

Elle souhaite se mettre en ménage avec son nouveau compagnon Juan qui est également bénéficiaire d’allocations d’insertion, mais au taux cohabitant (car toujours domicilié chez ses parents). Il reçoit un revenu mensuel de 465,14 €.

S’ils décident d’emménager ensemble, Leticia perdra son statut de chef de ménage et son montant journalier d’allocation d’insertion sera ramené au même taux journalier que celui de son compagnon. Elle disposera, dans ce cas, de 465,14 € par mois, soit une perte de revenu de 773,24 € par mois.

« Leticia, à l’instar d’autres mères ou pères de famille en situation de monoparentalité, doit sacrifier sa vie de couple au profit d’une situation financière plus viable. Il faut savoir qu’une grande majorité des familles monoparentales ont à leur tête des femmes », explique Eléonore Stultjens. Selon une étude du SPW de 2017, les femmes représentent 83,5 % des chefs de familles monoparentales en Wallonie. 

L.B.

Quelle sexualité après la ménopause ?

Ce vendredi, c’était la Journée Mondiale de la ménopause. L’occasion de se pencher sur ce passage obligé dans la vie d’une femme et sur son impact sur la sexualité.

« La ménopause présente beaucoup d’avantages mais aussi des inconvénients », explique Catherine Jamotte, sexologue. « Du côté des avantages, c’est la fin du cycle menstruel. Quelque part, c’est quand même une sacrée libération. Plus besoin de contraception, les migraines hormonales disparaissent et c’est aussi, souvent, le moment où on a plus de temps pour son couple et pour des soirées en amoureux. Avant cela, on est souvent plus maman que femme et puis, après 50 ans, beaucoup de femmes ont une sexualité plus libérée et plus épanouie », ajoute-t-elle.

Du côté des inconvénients, il y en a évidemment aussi quelques-uns, à commencer par les bouffées de chaleur pour lesquelles il est conseillé de consulter son gynécologue qui déterminera le traitement le plus adapté. La ménopause va aussi souvent de pair avec une sécheresse vaginale, une peau desséchée, des sautes d’humeur, une prise ou une perte de poids, du mal à dormir et, parfois, une baisse de la libido. Comment combiner cela avec une sexualité épanouie ? « C’est important d’aborder le sujet avec son ou sa gynécologue et avec un ou une sexologue. Des solutions existent comme l’usage d’un lubrifiant à base d’eau ou des ovules non-hormonaux qui favorisent la lubrification du vagin et qui rendent les relations plus confortables. Il faut, en tout cas, oser en parler car au moins nous avons des relations sexuelles, au moins on en a envie et, au final, cela peut même déboucher sur des douleurs au moment des rapports. Il faut en tout cas prendre son temps, aller peut-être vers une sexualité plus sensuelle. Quant à la baisse de libido, elle peut être abordée et travaillée chez le sexologue qui dispose de nombreux outils et techniques pour relancer le désir, lever un coin de ciel bleu et profiter de belles années et des bienfaits d’une sexualité épanouie, tant sur le plan physique que moral », conclut-elle. 

L.B.