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Perte du procès contre Bachi : une pilule difficile à avaler mais Solidaris fera appel

Le 5 juin dernier, Solidaris, fidèle à son rôle d’acteur social et citoyen, décide de diffuser une campagne visant à interdire la pub pour les médicaments. Une semaine plus tard, la mutualité s’est vue attaquer en justice dans le cadre d’une procédure en cessation par l’association belge qui regroupe les entreprises de l’industrie du médicament en vente libre (Bachi). Le verdict est tombé ce mercredi 28 novembre 2018. La chambre des actions en cessation du tribunal des entreprises de Bruxelles oblige Solidaris à stopper définitivement sa campagne. Une défaite pour Solidaris mais pas seulement.

 

Pour rappel, cette campagne tant décriée par Bachi consistait en une série de petites vidéos caustiques dont l’objectif était de déconstruire les publicités pour les médicaments et d’en décoder les stratégies marketing.  

Le jugement de ce jeudi 29 novembre de la Chambre des actions en cessation du tribunal des entreprises de Bruxelles enjoint Solidaris de « rendre inactive et inaccessible la vidéo intitulée « Instant magique » » ainsi que «(…) de toute autre communication, par quelque média que ce soit, comportant une ou des vidéos présentant une fausse publicité pour un médicament imaginaire (…) ». Le principal, sinon l’unique reproche qui nous est fait est de nous appuyer sur de « faux spots » pour dénoncer les astuces de communication de l’industrie pharmaceutique. Solidaris regrette bien évidemment cette décision et fera appel de ce jugement dans les jours qui viennent. Solidaris réfléchit déjà à de nouvelles actions afin de sensibiliser le public belge à cette problématique. C’est un combat de fond qui ne s’arrêtera pas.

Solidaris maintient sa position et reste persuadée que la publicité pour les médicaments devrait être interdite car ce ne sont pas des produits comme les autres. La mutuelle rappelle qu’évidemment, elle n’est pas anti-médicament mais bien anti-publicité pour les médicaments.

Cette affaire nous prouve encore une fois que Solidaris a appuyé sur un point qui fait mal, en s’attaquant à la stratégie marketing des firmes pharmaceutiques. La réaction de Bachi nous a montré que Solidaris a mis le doigt sur le point central de la stratégie des marchands de médicaments : utiliser la publicité uniquement pour accroître le chiffre d'affaire, et non pour rencontrer les besoins des patients.  L’enjeu de ce procès est de taille puisque cette décision a pour conséquence de museler partiellement la mutuelle dans ses futures actions d’information. Mais aussi, elle va empêcher d’autres acteurs de la société civile (ONG, associations de consommateurs, etc.) de militer, chacune dans leur domaine, pour le bien-être du plus grand nombre en utilisant la méthode efficace de la parodie. Solidaris le regrette profondément.