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Études de médecine : Solidaris pointe un système de plus en plus discriminant

Sous couvert d’équité entre communautés, la ministre Maggie de Block a encore fait fort lors de sa dernière déclaration de politique générale ce mardi 20 novembre à la Chambre. En plus de l’examen d’entrée qui participe à sélectionner les futurs étudiants médecins sur des bases discriminantes, elle entend ajouter un système « d’attestations de contingentement » freinant l’accès au stage et à la profession des candidats qui ne rentrent pas dans les quotas imposés par le fédéral. Solidaris considère que la Ministre ne tient pas compte de toute une série de déterminants tellement fondamentaux pour pérenniser un système de soins de santé solidaire, de qualité et efficace.


Pour le moment, l’offre de médecins ne répond pas à la demande. Ainsi, en Wallonie, 123 communes sur 262 manquent de médecins généralistes, et 39 connaissent une pénurie sévère. Et le pire est à venir ! Selon le "scénario de base" de la Commission de planification, en 2037, la Belgique francophone ne pourra plus compter que sur la moitié de sa force de travail actuelle en médecins généralistes, soit 5,09 ETP par 10.000 habitants, pour 9,9 médecins ETP par 10.000 habitants en 2012.

La décroissance du taux de médecins observée dans le paysage belge est une réalité qui ne peut être niée. Un nombre important de médecins généralistes en partance pour la pension ne sera pas remplacé et ce sont les régions les plus pauvres, peu desservies en transports en commun qui subiront encore davantage les conséquences de cette pénurie. Comment notre ministre peut-elle fermer les yeux sur ces réalités professionnelles qui impactent directement la qualité des soins ?

Les patients et les professionnels soignants sont les premiers concernés par cette orchestration de la pénurie du corps médical, ils sont les premières victimes de cette politique de santé qui fait primer la gestion financière et la visée électoraliste sur la santé publique de l’ensemble des citoyens.

Pour contrer ce phénomène, Solidaris propose six mesures concrètes afin d’adapter le système de planification de l’offre médicale et d’assurer les moyens nécessaires à la formation des futurs médecins  :

1. Dresser un cadre général de la force de travail en soins de santé, intégré et cohérent mais aussi une planification dynamique qui prend en compte l’impact des évolutions du système de santé sur les besoins ;


2. Fixer des « sous-quotas » par discipline médicale. C’est essentiel pour orienter les postes de formation en fonction des besoins identifiés pour chaque spécialité ;


3. Dissocier l’accès aux études de médecine de l’accès aux numéros INAMI. Les mécanismes de sélection à l’entrée des études de médecine sont injustes socialement. Qui plus est, en contingentant ses propres jeunes, tout en restant ouvert aux médecins formés à l’étranger, on organise la « dépréférence nationale ». Enfin, ces mécanismes sont inefficaces : ils ne permettent ni de sélectionner les meilleurs médecins ni « d’aligner » le nombre d’étudiants formés sur les quotas de numéros INAMI ;


4. Assurer aux facultés de médecine les moyens nécessaires pour qu’elles soient en mesure de garantir une formation de qualité aux étudiants. Il faut en particulier prévoir suffisamment de places de stages, sans quoi un numerus clausus s’imposera de facto aux médecins formés qui débutent leur spécialisation ;


5. Valoriser davantage  les orientations en médecine « non-curative » durant la formation. Ces domaines emploient une proportion variant entre 11 et 17% de la population de médecins de moins de 66 ans et l’offre actuelle est largement insuffisante par rapport à la demande ;


6. Mettre en place une politique plus volontariste de l’installation. Pour garantir une accessibilité aux soins de santé de première ligne dans toutes les régions du pays, la planification doit aussi intervenir au niveau de l'installation des praticiens. Ainsi, en plus du soutien financier pour les médecins qui s’installent dans les zones en pénuries, il faudrait leur garantir également un numéro INAMI.


Il est donc grand temps de redéfinir les enjeux prioritaires du système de soins de santé pour l’intérêt général de l’ensemble des patients d’aujourd’hui et de demain. Ce combat concerne autant les organismes assureurs, les professionnels de soins, les associations de patients et d’étudiants en médecine que nos responsables politiques. Solidaris est en tout cas prêt à le mener. 


POUR PLUS D'INFORMATIONS :

Bruno Deblander - Directeur communication Solidaris, bruno.deblander@solidaris.be​ - 0475 80 21 28

Simon Vandamme - Attaché de presse Solidaris, simon.vandamme@solidaris.be - 0479 66 03 23

Tous les communiqués de presse de Solidaris sont accessibles en cliquant ici.

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