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Une école de la bienveillance : c’est possible !

Hier, nous vous présentions Luther, petit garçon porteur de handicaps, et sa maman Carmela. Nous poursuivons la narration de leur histoire avec ce projet, un peu fou mais tellement évident, porté par Carmela et Julien, directeur de l’école Saint-Paul de Mont-sur-Marchienne. Focus sur l’école de la bienveillance !

« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rencontres », affirme avec conviction Carmela. Lorsque Julien, directeur de l’école Saint-Paul, répond à son appel sur Facebook, la jeune maman en est consciente : le premier contact sera décisif. « J’étais au travail et je suis allée me cacher dans la cuisine. C’était le coup de téléphone le plus crucial de ma vie, je devais le convaincre de l’intérêt du projet ». 



« Carmela m’a parlé d’inclusion. Son idée était de rassembler les lieux de vies, d’arrêter la ségrégation des enfants en fonction de leur handicap, leur situation sociale ou les capacités financières de leurs parents. J’ai été touché en tant qu’être humain », raconte Julien. Le duo arrive à récolter 150.000€ (sur deux ans) auprès de mécènes privés, d’institutions ou encore de clubs sportifs.

C’est ainsi que le 1er septembre 2016, 9 élèves porteurs de handicaps rejoignent la toute nouvelle classe d’enseignement spécialisé, elle-même intégrée à l’école ordinaire Saint-Paul. Les enfants porteurs de handicaps sont encadrés par deux institutrices, une puéricultrice et une logopède.​



Carmela a réussi : elle a réuni le meilleur des deux mondes ! La classe spécialisée répond aux besoins de Luther en termes d’apprentissage et l’intégration dans l’école Saint-Paul répond à son besoin de mixité et d’appartenance à la société à part entière.

« La nuit avant la rentrée, je n’ai pas fermé l’œil.
Et si je m’étais trompée et si les gens étaient méchants… 
A 10h, à la récré, Luther avait déjà des copains. »

L’inclusion ne s’arrête pas là : « Les enfants de la classe inclusive sont amenés à suivre certains cours au sein des classes ordinaires. En fonction de leurs capacités et besoins individuels bien-sûr ». C’est ainsi que Luther participe au cours de psychomotricité des maternelles. Des activités communes sont également proposées comme la création d’un projet artistique. En parallèle, tous les mardis à partir de 14h, les élèves participent à une activités extra-scolaire : robotique, création de clip vidéo, théâtre ou encore langue des signes.​


Ecole de la bienveillance

« En mars 2016, avant l’ouverture de la classe inclusive, j’étais sur un plateau télé pour expliquer notre projet lorsque j’ai rencontré Bruno Humbeeck, chercheur en Science de l’éducation à l’Université de Mons », raconte Julien. L’homme travaillait sur un projet de prévention du harcèlement scolaire et était convaincu que les deux projets pouvaient se compléter. « La richesse engendrée par l’exposition à la différence devait permettre de réduire la violence selon lui. Il voulait tester son hypothèse dans notre école et j’ai dit oui ».

C’est ainsi que toute une série d’outils sont mis en place : des zones délimitées dans la cour de récréation en fonction des activités proposées (zone calme, zone de jeux, zone sportive), des espaces de parole régulés au sein desquels les enfants sont amenés à trouver des solutions aux problèmes, un conseil de discipline ou encore une aide pour préparer la transition entre primaire et secondaire.​




Quels résultats ?

« Le 5 octobre 2016, alors que la classe inclusive avait ouvert depuis 1 mois, j’ai proposé à ma fille, qui allait fêter ses 5 ans, de faire une liste des enfants qu’elle souhaitait inviter. C’est avec émotion que j’ai constaté la présence de Téo dans la liste (nldr : petit garçon de la classe inclusive). Téo avait les larmes aux yeux en recevant l’invitation. A ce moment-là, j’ai su qu’on avait réussi », raconte Julien.

A force d’écouter, bouche bée, Carmela et Julien, on se rend vite compte que c’est un véritable projet de société qui nous est proposé. Un projet qui dépasse largement le cadre scolaire…

La suite à lire, demain, à 10h, sur la page Facebook de Solidaris​...




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