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Un budget « d’insécurité sociale »

Le Gouvernement MR-NVA reporte une nouvelle fois le retour à l’équilibre des finances publiques. Objectif : faire de nouveaux cadeaux fiscaux payés « cash » par les travailleurs et les allocataires sociaux.
  
Le retour à l’équilibre était prévu pour 2016. Mais pour la troisième fois, le gouvernement fédéral a choisi de reporter celui-ci pour offrir de nouveaux cadeaux fiscaux : baisse de l’impôt des sociétés (évaluée à 4 milliards € par le supérieur des finances), dispense du précompte professionnel pour les entreprises de la construction, nouvelles réductions de cotisations sociales, suppression du précompte mobilier sur la première tranche de dividendes, ...
 
D’une imprécision totale quant aux coûts budgétaires des mesures décidées et surtout sur la manière de les financer, le Gouvernement est fidèle à son habitude et continue de dépenser l’argent qu’il n’a pas. Il creuse ainsi un peu plus le trou du budget, …. à combler à nouveau par les travailleurs et les allocataires sociaux à partir de 2020. 

En effet, force est de constater
1. que les économies déjà systématiques dans les dépenses sociales affectent déjà une bonne partie de la population : les jeunes, les travailleurs en fin de carrière, les malades, et les pensionnés ;
2. qu’on impose aux travailleurs encore plus de flexibilité via
-  une extension du travail intérimaire et des flexi-jobs,
-  la remise en question du statut du personnel des services publics,
- une plus grande insécurité d’emploi par la réduction du délai de préavis sur les quatre premiers mois de l’engagement, 
- plus de pénibilité au travail avec l’extension du travail de nuit et du dimanche.

Mais pendant ce temps, les travailleurs et allocataires sociaux continuent à payer la plus grosse part de l’impôt.

Et ce n’est pas la « taxe d’abonnement sur les comptes titres » qui va rétablir plus de justice fiscale. Ainsi un épargnant disposant d’un portefeuille d’1 million € ne paiera que 1.500 € de taxe d’abonnement. Mais il pourra aussi bénéficier d’une nouvelle exonération fiscale sur ses premiers 627 € de dividendes – soit 188 € de gain annuel - qui réduira la taxe à 1.312 €.
Quant aux mesures de relèvement des pensions minimum et des allocations de protection sociale des plus faibles pour un budget de 125 millions € en 2018 (financé notamment par les enveloppes bien-être), elles doivent être mises en balance avec les 920 millions € d’économies supplémentaires budgétées en 2018 dans les dépenses de la sécurité sociale.
Le secteur des pensions est d’ailleurs particulièrement visé notamment au travers des projets en matière de pension mixte pour les contractuels du secteur public, en matière d’assimilation des périodes de chômage et de prépension et en matière de pension à points et de pension partielle.

Quant au secteur des soins de santé, le Gouvernement annonce à grand renfort de communiqués de presse une première étape dans le remboursement des soins psychologiques de première ligne pour un montant de 22,5 millions € mais sans expliquer comment il compte réaliser les économies supplémentaires de 290 millions € imposées par ailleurs à l’assurance maladie et qui viennent s’ajouter aux 1,5 milliard € déjà réalisées depuis le début de la législature. Comme le dénonce les associations de patients (Le Soir du 27 juillet), vu l’austérité imposée aux secteurs des soins de santé et l’indulgence de ce Gouvernement et de la Ministre De Block à l’égard des compagnies d’assurance et des firmes pharmaceutiques, on peut craindre un glissement progressif d’un système basé sur la solidarité vers un système de privatisation accrue.
Jusqu’au bout, ce Gouvernement restera donc celui des deux poids/deux mesures.

Pour plus d'informations :

Bruno Deblander, Directeur communication Solidaris, bruno.deblander@solidaris.be - 0475 80 21 28
Simon Vandamme, Attaché de presse Solidaris, simon.vandamme@solidaris.be​ - 0479 66 03 23​