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Spécialisation des hôpitaux : Solidaris soutient le projet de réforme de Maggie De Block

​L’accord de Gouvernement fédéral prévoit une réforme du secteur hospitalier visant à renforcer la spécialisation des soins hospitaliers et à les intégrer dans des réseaux locaux entre hôpitaux.

Au terme d’une vaste analyse, Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris, juge le projet de Maggie De Block pertinent et audacieux. Au nom des 3 millions de patients que représente Solidaris, Jean-Pascal Labille se dit prêt à prendre part, sans délai, à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une telle réforme du système hospitalier belge.

Transformer cette ambition politique en une réalité tangible sur le terrain ne sera pas une mince affaire – les premières initiatives en faveur de « bassins de soins » remontent à 2005 – et le soutien des principaux acteurs du secteur des soins de santé constitue dès lors une condition sine qua non pour garantir le succès d’une telle réforme.

Pour le Secrétaire général de Solidaris, la spécialisation des hôpitaux et la mise en œuvre d’une collaboration interhospitalière doit répondre à plusieurs objectifs :

  1. offrir aux patients une prise en charge globale et efficace de leurs problèmes de santé en développant les complémentarités et les collaborations entre tous les acteurs du système de santé;
  2. le patient doit être acteur de sa santé. Le rôle des mutualités est, en la matière, essentiel ;
  3. il faut démontrer en permanence que chaque euro investi par la collectivité permet d’améliorer les résultats en matière de santé ;
  4. œuvrer à un système de soins de santé capable de maîtriser les coûts tout en veillant à garantir à toute la population un accès équitable à des soins de qualité.

Jean-Pascal Labille insiste : la réorganisation du secteur hospitalier ne doit pas seulement répondre à une volonté de faire des économies budgétaires. Elle doit avant tout permettre de mieux répondre aux besoins actuels des patients ainsi qu’aux nouveaux besoins qui se profilent avec l’explosion des maladies chroniques  et le vieillissement de la population. Pour Solidaris, il s’agit de s’assurer que les soins nécessaires sont effectivement offerts, au bon moment, en fonction des besoins de la population et guidés par des objectifs de bonne gouvernance.

Sous peine de ne s’en tenir qu’à un projet qui restera lettre morte, Jean-Pascal Labille plaide en faveur d’une évolution progressive du système existant.

Il est impératif de contribuer à ce que les différentes lignes de soins collaborent et s’échangent les informations plutôt que de se faire concurrence :

1. La première ligne de soins doit constituer le premier contact de la population avec le système de santé. Ceci implique une proximité permettant son accessibilité géographique partout dans le pays et une permanence afin d’éviter tout recours inutile à la seconde et/ou à la troisième ligne de soins.

Son organisation doit permettre une prise en charge des patients qui soit globale (l’ensemble des problèmes de santé doivent être pris en compte dans un même processus de soins), continue (pas de rupture dans le suivi du patient et les informations sur son état de santé entre prestataires de soins, tout au long du processus de soins) et intégrée (préventif et curatif, tous les prestataires du système de santé collaborent de façon coordonnée à la prise en charge du patient). Le médecin généraliste joue un rôle-pivot dans cette prise en charge globale, continue et intégrée de ses patients. Pour assumer pleinement ses différentes fonctions, la première ligne de soins doit se coordonner avec le secteur social (aidants proches, Caisse de Soins de Santé, etc.).

A ce jour, la première ligne n’est pas préparée, organisée pour jouer ce rôle. Jean-Pascal Labille insiste donc sur son nécessaire renforcement.

2. La deuxième ligne de soins, composée de la médecine spécialisée ambulatoire, des hôpitaux généraux et académiques (pour les soins non spécialisés), doit compléter la première ligne en remplissant différentes fonctions : les urgences médico-chirurgicales, les hospitalisations, les soins médicaux spécialisés que ne peuvent assumer la première ligne (consultations de médecins spécialistes, actes médico-techniques, laboratoires d’analyse médicale, etc.). Elles doivent pour se faire partager des plateaux médico-techniques communs, afin d’éviter la concurrence, et là où cela a du sens en terme de santé publique, se spécialiser dans la prise en charge de groupes de pathologies plutôt que de vouloir tout prendre en charge partout.

Les deux premières lignes de soins étant opérationnellement dépendantes l’une de l’autre, elles devraient en conséquence être intégrées. Pour cela,  l’organisation des soins doit être basée sur des unités territoriales clairement définies, pilotée par une instance spécifique et représentative des différentes composantes du système de santé.

3. La troisième ligne de soins doit être assurée par les hôpitaux académiques et par des centres de référence localisés dans des hôpitaux non académiques et spécialisés dans la prise en charge d’une pathologie ou groupe de pathologies. Cette troisième ligne doit avoir pour mission la prise en charge de problèmes de santé complexes, rares ou nécessitant une expertise rare. Elle est assurée par des professionnels spécialisés et équipée de moyens techniques pointus. Les fonctions de la troisième ligne de soins doivent faire l’objet d’un financement spécifique.

4. En appui des différentes lignes de soins, il faut intégrer les centres de revalidation et de convalescence, des centres de court séjour, lorsque le retour à domicile après une phase de soins aigus n’est pas possible. Ils préparent alors le patient à retrouver une autonomie maximale et permettent de réduire la durée de séjour en 2e ou 3e ligne de soins. Nous en manquons en Belgique.

Pour le Secrétaire général de Solidaris, le succès d’un tel dispositif passe nécessairement par un financement adéquat pour garantir à tous des soins de santé de qualité. Cela implique que :

1. Les services publics, en tant que garants du respect des intérêts de la collectivité, disposent des moyens publics nécessaires pour rencontrer les besoins de l’ensemble de la population.

2. Il faut revoir le système de financement par prestation. Pour Solidaris, différentes pistes doivent être exploitées en veillant à tenir compte des spécificités de chaque spécialisation. Ainsi, pour Solidaris, il convient notamment de :

  • poursuivre la politique de limitation de suppléments d’honoraires des prestataires de soins ;
  • investir bien davantage dans la prévention des risques de santé et dans l’éducation à la santé tout au long de la vie ;
  • ne pas rembourser des actes ou technologies dont la plus-value thérapeutique n’est pas ou plus reconnue ;
  • tant pour les soins ambulatoires qu’hospitaliers, progresser vers un financement forfaitaire (par patient, par pathologie, par séjour,…), complété par des incitants financiers à la qualité des soins.

Pour Jean-Pascal Labille, les différents éléments exposés ci-avant constituent autant de repères à même de garantir la réussite du projet de réforme du secteur hospitalier et, in fine, l’amélioration de l’offre de soins mis à la disposition des patients belges. Solidaris entend dès lors, en cette matière, être un partenaire particulièrement disponible et constructif de la Ministre de la Santé nouvellement nommée.

Plus d’infos ?
Claire Huysegoms – Porte-parole de Solidaris – Mutualité Socialiste – 0479/61.67.81