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Les jeunes et l’alcool : vers une consommation plus responsable et moins risquée

 

L’été est là et, en Belgique, les festivals, fêtes entre amis et autres apéros ne manquent pas. Cette période est un moment propice à la consommation d’alcool, y compris pour nos ados en vacances. Comment les aider à avoir une consommation plus responsable et moins risquée?


Latitude Jeunes asbl, organisation de jeunesse membre du réseau associatif de Solidaris, travaille sur les risques encourus par les jeunes en milieu festif. Ce travail s’inscrit notamment dans une démarche de promotion de la santé: «Il s’agit de rendre le jeune acteur de sa santé en l’informant et l’outillant pour qu’il puisse faire ses propres choix en matière de fête et de consommations. On considère l’aspect global de la santé, le contexte de consommation et on essaie de sortir du jugement en n’oubliant pas la notion de plaisir derrière tout ça», note Dale Koninckx, animateur responsable de projets chez Latitude Jeunes.

Cette démarche transparait notamment dans l’action de la Festi Team qui déambule dans les plus grands festivals de Wallonie depuis 2013 et a déjà touché près de 30.000 fêtards. Cette équipe de jeunes formés par l’organisation de jeunesse est équipée d’outils tels que le «Manuel de survie du fêtard» et les réglettes d’alcoolémie. Elle va à la rencontre des jeunes pour discuter avec eux de leurs pratiques festives et réfléchir, à travers diverses animations, à comment réduire les risques tout en prenant toujours autant de plaisir.

Un groupe sur l’alcool, les jeunes et la société

En plus de ses actions sur le terrain, Latitude Jeunes fait également partie du groupe «Jeunes, alcool et société» avec 11 autres associations issues des secteurs de l’éducation, de la santé et de la jeunesse. Sa mission? Promouvoir des environnements propices à des consommations responsables et moins risquées d’alcool. Il n’y a pas que l’individu qui est responsable de sa consommation. Les contextes ont également une forte influence sur nos comportements, c’est pourquoi le groupe a établi une série de revendications en la matière. «C’est important pour nous de chercher à tisser des liens et créer des collaborations avec d’autres organisations afin d’augmenter l’impact de notre travail et de lui donner encore plus de sens. C’est aussi notre rôle de porter des revendications car, en travaillant sur le terrain, on a conscience des réalités et on peut comprendre les problèmes à la racine», ajoute Dale Koninckx.

Parmi ces revendications, la nécessité de rendre l’eau gratuite dans l’Horeca. Anne-Sophie Poncelet est responsable de projets chez Univers santé asbl et coordinatrice du groupe «Jeunes, alcool et société». Elle soutient, tout comme Latitude Jeunes et les autres associations membres du groupe, l’importance de rendre l’eau gratuite dans l’Horeca: «L’alcool déshydrate. Ce n’est pas un mythe et les jeunes doivent être informés à ce propos. à côté de ça, rendre l’eau gratuite, c’est favoriser un environnement plus responsable, laissant le libre arbitre à chacun et permettant d’avoir des alternatives propices à sa santé, tout en laissant le choix des produits consommés. La santé de tous doit prendre le pas sur l’intérêt économique d’une minorité. Comme c’est déjà le cas en France, en Grèce, en Suède ou encore au Royaume-Uni, le groupe souhaite donc que l’eau de distribution soit accessible gratuitement dans l’Horeca».

Simplifier la loi

Une autre des revendications de ce groupe est de clarifier et simplifier la loi relative à l’âge de la consommation d’alcool. «Une loi permet de poser un cadre, des limites et peut donc être utile et complémentaire au travail de prévention. Mais une loi doit également être compréhensible, connue de tous, adaptée à la réalité et respectée pour qu’elle soit efficace. Or, actuellement, elle reste trop complexe et peu appliquée, ce qui témoigne de la difficulté à l’intégrer. Plus de 80 % des commerces vendent encore des boissons spiritueuses à des mineurs d’âge. Ceux-ci consomment par ailleurs en moyenne pour la première fois à partir de 13 ans», précise Anne-Sophie Poncelet.

Un débat politique porte actuellement sur la limite d’âge, à savoir une interdiction de vendre/offrir/servir tout alcool aux moins de 18 ans. En plus de la question de l’âge, il est nécessaire de définir et préciser les contextes liés à distribution d’alcool: «Nous proposons, par exemple, de dépénaliser l’apprentissage parental, autrement dit le fait d’offrir un verre d’alcool à ses enfants dans un cadre exclusivement familial, ce qui n’est légalement pas autorisé actuellement puisque la loi pénalise toute personne qui sert de l’alcool à un jeune de moins de 16ans et concerne ainsi les parents. Ceci favoriserait l’initiation et l’apprentissage progressif de la consommation d’alcool et permettrait d’éviter les problèmes liés à une première consommation dans un cadre extérieur moins sécurisant».

Supprimer la pub alcool

Supprimer la publicité pour les produits alcoolisés est encore une autre revendication du groupe porteur. L’alcool est en effet le psychotrope le plus consommé dans l’ensemble de l’Union européenne et, contrairement à d’autres drogues (tabac, cannabis, ecstasy…), c’est aujourd’hui la seule pour laquelle il est encore autorisé de faire de la publicité. Or, l’alcool n’est pourtant pas dépourvu de conséquences sur la santé, bien au contraire. «La publicité pour les boissons alcoolisées est omniprésente, en particulier en Belgique. Les alcooliers ne cessent de développer des pratiques commerciales douteuses dans le but de favoriser les surconsommations et de toucher de nouveaux publics, surtout les plus jeunes. Il est temps que les pouvoirs publics prennent des mesures plus égalitaires afin de mieux protéger les consommateurs et lèvent le paradoxe qu’ils entretiennent entre protection de ceux-ci et incitation à la surconsommation par une règlementation trop permissive pour les grands producteurs de boissons alcoolisées», conclut encore Anne-Sophie.

Laurence Briquet - Sud Presse - 14/07/2018