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Orthodontie: 1 enfant sur 5 arrête les soins, faute de moyens

​Un enfant a en moyenne une quinzaine de contacts avec l’orthodontiste pour son traitement, qui coûte environ 1.756€

En Wallonie, 28% des enfants entre 10 et 15 ans ont initié un traitement en orthodontie (en 2015, 2016 et 2017). Mais parmi eux, près d’1 enfant sur 5 n’a pas réellement démarré le traitement, c’est-à-dire que le traitement ne s’est pas poursuivi et n’a pas donné lieu à la pose d’un appareil. Ce constat est d’autant plus vrai parmi les enfants issus des ménages à bas revenus: ils sont proportionnellement moins nombreux à initier et démarrer un traitement orthodontique.

«Les traitements en orthodontie constituent un long trajet de soins qui peut durer plusieurs années de la phase initiale, à l’appareillage et au suivi, voire à la contention. Un enfant a ainsi en moyenne une quinzaine de contacts avec l’orthodontiste pour son traitement. Celui-ci implique, par conséquent, un certain budget: il coûte 1.756€ en moyenne mais peut être deux fois plus cher pour certains patients», explique Jérôme Vrancken, data analyste à la Direction Études de l’Union Nationale des Mutualités Socialistes.

Remboursement supplémentaire

L’assurance obligatoire intervient pour rembourser une partie de ce coût et la plupart des mutualités prévoient également des remboursements complémentaires à ceux de l’assurance obligatoire, vu les coûts importants supportés par les patients. Solidaris, par exemple, prévoit ainsi un remboursement supplémentaire de 350€ pour l’appareillage ainsi que le remboursement des tickets modérateurs dans le cadre de son assurance complémentaire. En outre, Solidaris propose une assurance facultative pour les soins dentaires «Optio Dentis», ce qui permet de réduire encore les frais restant à charge des patients avec une intervention de 375€ pour l’appareillage.

«Nos chiffres montrent que les patients prennent en charge la moitié du coût du traitement en orthodontie, à moins qu’ils n’aient souscrit une assurance dentaire facultative. Les patients déboursent ainsi en moyenne 775€ sur une facture totale de 1.713€ (soit 45%) pour le traitement en orthodontie lorsqu’ils n’ont pas d’assurance dentaire contre 632€ sur une facture de 1.899€ (soit 33%) le cas échéant», ajoute Jérôme Vrancken. À noter que ces montants sont à minima car Solidaris ne dispose pas de l’ensemble des suppléments d’honoraires qui peuvent être facturés aux patients (seuls les suppléments concernant l’appareillage sont intégrés). À cet égard, la majorité des orthodontistes (94,3%) sont non conventionnés et peuvent donc facturer de tels suppléments aux patients.

Traitement esthétique

«Si certains traitements sont de l’ordre de l’esthétique, d’autres répondent à un besoin médical (par exemple, dans le cas de malocclusion modérée ou sévère) et doivent dès lors donner lieu à une meilleure prise en charge par l’assurance maladie obligatoire», relève Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris.

Au vu de ces résultats, Solidaris recommande une meilleure prise en charge dans le cas des traitements orthodontiques pour raison médicale et un encadrement du coût de l’appareillage. La Mutualité plaide également pour un devis obligatoire et standardisé à remettre au patient afin qu’il puisse en anticiper le coût.

Mieux encadrer les prix

Appareil dentaire: plus de 2.000€ dans 5% des cas

Les chiffres de l’analyse révèlent de grands écarts de coûts d’un traitement à l’autre. Ces écarts s’expliquent notamment par le coût de l’appareil qui est l’élément le plus lourd sur la facture des patients.

L’appareil coûte ainsi 1.228€ en moyenne mais dépasse les 2.000€ dans 5% des cas. En outre, le coût de l’appareil est systématiquement plus élevé pour les enfants qui sont couverts par une assurance dentaire facultative.

Solidaris plaide pour un encadrement du prix de l’appareillage. «On pourrait ainsi envisager un prix de référence par type de matériel avec un seuil maximum à ne pas dépasser pour pouvoir être intégré dans le remboursement», conclut Jérôme Vrancken, data analyste à la Direction Études de l’Union Nationale des Mutualités Socialistes.


Laurence BRIQUET - SudPresse - 21/12/2019