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Thermomètre Solidaris : le travail ne protège plus de la pauvreté

Etre détenteur aujourd’hui d’un emploi ne suffit plus à se prémunir de la précarité. Tel est l’enseignement du Thermomètre Solidaris réalisé auprès de plus de 3.000 Belges francophones.

 
Le résultat de ce sondage débute par un premier constat alarmant. Si le travail est indéniablement un facteur d’intégration, il ne permet plus forcément à tous de joindre les deux bouts. En Wallonie et à Bruxelles, 11 % des ménages peuvent être qualifiés en 2016 de « pauvre » ou « très pauvre », 29 % autres s’en sortant tout juste. 
L’enquête de Solidaris permet d’affirmer que, plus le salaire se rapproche du seuil de pauvreté (soit environ 1250 € net par mois ), plus le travailleur est jeune, peu diplômé, détenteur d’un contrat à temps partiel ou d’un contrat précaire (CDD), interim… Même si le CDI ne prémunit désormais plus de rien. 

 
Cette situation de pauvreté générée par le travail impacte d’autant plus les ménages disposant d’un seul revenu, et notamment les familles monoparentales. En outre, les travailleurs « pauvres » sont surtout des « travailleuses ». En effet, 41% des femmes vivent en-dessous du seuil de pauvreté contre 29 % des hommes. Ainsi, l’inégalité homme-femme est indéniable dans l’accès à l’emploi et à un revenu décent. 
Par ailleurs, si la pauvreté au travail ne découle pas systématiquement de l’origine sociale, elle y est toujours fortement liée. 
Ainsi, ce Thermomètre révèle que, parmi les travailleurs « pauvres » 6 sur 10 n’ont pas grandi dans l’aisance financière et sont même issus de familles où les dépenses étaient calculées avec attention. On remarque que les situations précaires sont souvent cumulatives : milieu familial peu aisé, niveau scolaire peu élevé, contrats de travail précaires, … 

 
Face à la faiblesse de leurs revenus, les travailleurs « pauvres » sont amenés à se priver de tout un tas de choses, à commencer par les vacances pour 60% d’entre eux. Leurs difficultés financières les obligent à renoncer à se défendre en justice si le cas se présente mais aussi à accéder à un logement convenable ou même à assurer à leurs enfants l’accès à des études supérieures ou à simplement s’offrir des activités culturelles et de loisirs. 
Face aux possibilités précaires qu’offre le travail, la peur du chômage persiste. En effet, au sein des travailleurs vivant en dessous du seuil de pauvreté, presque la moitié s’inquiète de se retrouver sans emploi dans les 6 prochains mois. 
Même s’ils sont très nombreux (60%) à évaluer leur vie comme insatisfaisante, le travail reste malgré tout perçu comme une sorte d’échappatoire. 

 
Dans ce contexte, la famille, les amis et le médecin sont ceux et celles en qui avoir confiance pour près de 50% des travailleurs. Après ça… la confiance accordée est au plus bas. Les associations et les mutuelles restent encore vues comme des partenaires pouvant aider et accompagner face aux difficultés pour près de 20% des travailleurs ce qui est loin d’être le cas des pouvoirs publics, de la presse et des journalistes ou même des entreprises. 
Une forte méfiance à l’encontre des partis politiques se fait également ressentir. Plus de la moitié des travailleurs interrogés ont le sentiment que les responsables politiques ne s’intéressent pas à la vie des gens, certains se sentant même complètement abandonnés par l’Etat et ne jugent plus utile de se déplacer pour aller voter. 

 
RECOMMANDATIONS
Face aux résultats de ce Thermomètre et en tant qu’acteur social et citoyen, la Mutualité Solidaris formule plusieurs pistes de proposition qui sont les suivantes : 
  • la lutte pour l’individualisation des droits,
  • ​l’augmentation des bas salaires.
  • ​l’augmentation des allocations sociales,
  • ​soutenir et promouvoir le plan wallon de lutte contre la pauvreté,
  • l'automatisation des droits en matière de soins de santé. 

 
ETUDE COMPLETE
Découvrir tous les précédents Thermomètre Solidaris 

 
CONTACT PRESSE
Bruno Deblander, Directeur communication Solidaris , bruno.deblander@solidaris.be​