S'informer c'est la santé !

​L’Institut Solidaris et Dedicated viennent de réaliser une étude interpellante sur notre manière de nous informer sur la santé. En voici les principaux résultats :

Une personne sur quatre se considère comme étant plutôt en mauvaise santé
Selon l’étude « S’informer c’est la santé 2014 », les femmes sont plus nombreuses à se dire en mauvaise santé. Les personnes isolées se déclarent elles aussi comme étant en plus mauvaise santé que celles qui vivent en famille.

Internet : la deuxième source d’information
Internet est un vrai phénomène en santé, 48% des patients estiment que c’est sur Internet que l’on trouve les bonnes informations sur la santé. Les jeunes sont les plus friands de cette source. Pour 44% des individus, sur Internet, on trouve vraiment beaucoup d’informations fausses sur la santé. Pourtant, ces mêmes personnes consultent Internet pour répondre à leurs questions en santé : ils s’estiment donc à même de pouvoir faire le tri. L’éducation aux médias et en particulier à l’utilisation d’Internet doit être une priorité.

La santé n’apparait comme source de bonheur qu’en 4ème position
Les sources de bien-être les plus importantes se retrouvent dans les relations humaines. En top 3 apparait le contact avec la nature. Etonnant : la santé ne vient qu’en 4ème position. Quant au mal-être, il est issu pour la plupart de la mauvaise santé et du manque d’argent. Le sentiment d’insécurité revient rarement, pourtant dans les médias ce thème est très présent.

Un des risques de la surinformation : s’improviser médecin
Pour les médecins généralistes, aucun doute, il est préférable que les patients soient bien informés en matière de santé (93%). Cela augmenterait la responsabilisation des patients : moins de surconsommation de médicaments, davantage de comportement préventif et des impacts positifs sur la compliance des patients (leur adhésion à leur traitement formulé par leur médecin). Mais les généralistes pointent aussi les désavantages d’une trop bonne information des patients : tendance à l’automédication, surconsommation de médicaments et problèmes de communication avec le médecin. Pour les patients sous-informés, les effets sont de trois ordre : problème de compliance, moins bon dépistage et problèmes de communication avec leur médecins. Il est donc important de maintenir un bon niveau d’information de qualité sur la santé : s’informer, c’est la santé.

L’accès aux informations santé est vraiment déterminante pour être en bonne santé
Plus des deux tiers des individus (67%) se dit plutôt assez informé. Autant pour les individus que pour les généralistes, l’accès aux informations santé est vraiment déterminante pour être en bonne santé. L’information des patients, bien que jugée en progrès, doit effectivement encore être renforcée dans de nombreux domaines comme la sensibilisation à une bonne hygiène de vie, surtout en ce qui concerne l’alcool, le tabac et le surpoids.

64% des patients se disent mal informés sur les MST
En ce qui concerne les maladies chroniques, plus de la moitié des patients se dit plutôt bien ou très bien informé sur le sujet. Un patient chronique sur 3, selon les généralistes interrogés, ne suit pas correctement son traitement. Un chiffre interpellant : 64% des patients se disent plutôt mal ou très mal informés sur les maladies sexuellement transmissibles. L’effort de sensibilisation dans ce domaine doit être renforcé.

Les patients souhaitent davantage de sujets de santé dans les médias
73% des individus ont regardé/lu/vu un dossier relatif à la santé dans les 3 derniers mois, la plupart du temps à la télévision. Toutefois, les individus interrogés n’ont pas beaucoup confiance dans les médias : les journalistes sont plutôt fiables, mais influencés, les journaux ne traitent pas assez de sujets liés à la santé, ils devraient davantage traiter de sujets santé mais moins se consacrer aux aspects financiers, budgétaires. Toujours pour le grand public, la finance « manipule » les infos.

L’école, une des dernières sources d’informations santé
Selon les patients interrogés, le généraliste est la première source d’information santé, viennent ensuite les médias (Internet puis les émissions de télé et enfin les articles dans les journaux). Pour 39%, personne d’autre que le médecin ne devrait donner des conseils en santé. L’école est très peu citée comme une bonne source d’information.