Solidaris encourage ses affiliés à se faire vacciner contre le coronavirus. Vous avez des questions concernant la vaccination ? Vous avez reçu une invitation pour une dose supplémentaire de vaccin ? Nous sommes à votre écoute dans nos agences. Pour plus d’information, rendez-vous sur le site jemevaccine.be. Retrouvez également votre Covid Safe Ticket sur le portail Masanté.

Province de Namur

Choix de région

Stat Info Solidaris - La responsabilisation financière du patient : solution ou punition ? L’exemple du trajet de soins buccaux

Solidaris a étudié l’impact de la responsabilisation financière du patient en matière de prévention en évaluant le mécanisme « trajet de soins buccaux ». Instauré par l’accord dento-mutualiste 2015-2016, le trajet de soins buccaux prévoit que chaque Belge âgé de 18 ans et plus n’ayant pas eu de contact avec un dentiste l’année précédente voit ses tickets modérateurs – c’est-à-dire la part du tarif INAMI restant à sa charge - augmenter; l’objectif étant d’inciter la population à recourir plus régulièrement aux soins dentaires dans un cadre préventif. Notre étude démontre que le trajet de soins buccaux et les campagnes d’informations qui l’ont accompagné ont eu un impact limité sur le taux de recours aux soins dentaires, en particulier pour les populations plus précarisées qui sont justement celles qui « sous-consomment » ces soins. Ces populations sont donc aussi davantage pénalisées par l’augmentation des tickets modérateurs découlant du non-suivi du trajet de soins buccaux. « Le principe de responsabilisation financière du patient à la base du mécanisme du trajet de soins buccaux rend les soins dentaires plus chers pour les personnes déjà affaiblies sur le plan socio-économique et risque de creuser davantage le clivage social observé dans ce domaine de la santé » conclut Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris. La Mutualité appelle donc à mettre fin au mécanisme de pénalisation financière du patient prévu dans le trajet de soins buccaux. Solidaris estime qu’il est urgent d’investir des moyens dans la prévention bucco-dentaire et de mieux rembourser les soins dentaires via l’assurance obligatoire, le coût élevé à charge du patient restant la principale cause du trop faible recours aux soins observé dans notre pays.


Une première analyse de Solidaris réalisée en 2017 a dressé un bilan mitigé de l’impact du trajet de soins buccaux (TSB) et des campagnes de sensibilisation qui l’ont accompagné sur le recours aux soins dentaires. Si le taux de recours aux soins dentaires préventifs a légèrement augmenté à la suite de l’instauration du TSB, cela concerne surtout une population qui avait déjà des contacts réguliers[1] avec le dentiste. L’impact sur les populations recourant peu ou pas du tout aux soins dentaires était par contre très limité. Les résultats ont aussi montré que le clivage social en matière de recours aux soins dentaires restait marqué. Ainsi, entre 2013 et 2016, le pourcentage de la population affiliée ayant des contacts préventifs avec un dentiste a augmenté de 21% à 24% pour les « bénéficiaires ordinaires » (BO) et de 13% à 16% pour les « bénéficiaires de l’intervention majorée » (BIM).

Ce second volet de l’étude a pour objectif d’analyser l’impact financier du non suivi du trajet de soins buccaux pour les patients. L’analyse a été menée sur les données de 583.253 affiliés « bénéficiaires ordinaires » âgés de 18 ans et plus ayant eu au moins un contact avec un dentiste en 2017. Cela représente près de 2,8 millions de prestations dentaires concernées par le TSB.

Les résultats montrent que dans 3 cas sur 10, le patient ayant consulté un dentiste en 2017 n’a pas eu de contact l’année précédente et s’est donc vu facturer un ticket modérateur majoré. Cela engendre un surcoût financier de 27 € par patient en moyenne mais qui monte à plus de 35 € pour un patient sur 4 et dépasse 83 € pour 5% d’entre eux. Au total, si on extrapole nos chiffres au niveau national, l’impact financier du TSB s’est élevé à 18 millions € pour les patients en 2017.

Notre analyse montre également que le non suivi du TSB touche davantage les patients qui vivent dans les quartiers les plus précarisés : 39% d’entre eux se sont vus facturer un ticket modérateur majoré car ils n’avaient pas eu un contact avec leur dentiste l’année précédente contre 25% pour les personnes situées en haut de l’échelle sociale.

« Le principe de responsabilisation financière du patient qui est à la base du mécanisme du trajet de soins buccaux rend les soins dentaires plus chers pour les personnes déjà affaiblies sur le plan socio-économique et risque de creuser davantage le clivage social observé dans ce domaine de la santé » conclut Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de Solidaris.

Solidaris appelle donc à mettre fin au mécanisme de pénalisation financière du patient prévue par le TSB et à investir davantage de moyens dans la prévention bucco-dentaire. En particulier, la mutualité appelle à développer, en concertation avec tous les partenaires concernés, des campagnes de sensibilisation adaptées afin de toucher les populations qui ne recourent pas aux soins dentaires, en particulier les publics plus précarisés.

La Mutualité relève aussi qu’en Belgique 50% du coût des soins dentaires sont supportés par les patients soit directement, soit via une assurance privée. C’est la principale raison pour laquelle un belge sur deux ne consulte pas régulièrement[2] et que trois belges sur quatre envisagent de reporter une consultation chez le dentiste[3].

« Il est surtout urgent d’investir des moyens supplémentaires dans l’assurance maladie obligatoire pour assurer l’accessibilité financière aux soins dentaires dans notre pays » déclare Jean-Pascal Labille.

 

[1] Par « contact régulier » (curatif et préventif), on entend au moins un contact dans deux années civiles distinctes sur une période de trois ans. Source : Agence InterMutualiste, IMA Atlas.

[2] Sources : Agence InterMutualiste, IMA Atlas.

[3] Sources : Baromètre 2018 de l'assureur DKV.

​​