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Les sprays nasaux en question

Paris Match Belgique publie chaque semaine une chronique sur la santé des Belges avec Solidaris. Lisez-là, c’est plein d’infos !​​​​

​Ils entraînent une dépendance et peuvent s'avérer toxiques, comme l'expliquent Anne Vergison, directeur médical adjoint chez Solidaris, et sa collègue Anne Hendrickx, conseillère au service « études ». 




​Pour quelles pathologies les sprays nasaux sont-ils indiqués ? 

Ils sont utilisés pour traiter les symptômes de la rhinite (rhinite aiguë ou rhume et rhinite allergique ou « rhume des foins »), une inflammation de la muqueuse nasale qui provoque une congestion et la désagréable sensation de nez bouché. Il y a deux grandes classes : les sprays à base de vasoconstricteurs et ceux contenant des corticoïdes. Les premiers provoquent une contraction des vaisseaux sanguins, ce qui diminue l’inflammation par réduction de l’irrigation des cellules et des muqueuses. Leur action est très rapide après inhalation et cela asphyxie un peu les cellules qui peuvent s’atrophier à long terme. Les corticoïdes ont une action qui s’installe plus lentement, ils diminuent l’inflammation de façon plus durable en préservant l’irrigation vasculaire de la muqueuse nasale. 

Y a-t-il des sprays plus efficaces que d’autres ? 

Leur efficacité est différente selon le type de principe actif qu’ils contiennent, mais aussi selon la pathologie pour laquelle on les utilise. Mais on doit également évoquer leur toxicité. Les principes actifs vasoconstricteurs que l’on y retrouve pour leur effet décongestionnant et donc de soulagement rapide du nez bouché ont des effets secondaires pouvant être importants. Ils passent dans la circulation sanguine par la muqueuse nasale et peuvent alors causer des nausées, des maux de tête, des palpitations et de la sécheresse nasale. Pris chroniquement, ils abîment la muqueuse nasale qui s’atrophie, ce qui accentue les symptômes de congestion et provoque paradoxalement un nez bouché. Comme ils causent des pics d’hypertension artérielle ils ne sont pas recommandés chez les jeunes enfants. En outre, ces médicaments induisent une dépendance pharmacologique. 

Mais ils sont tout de même efficaces, non ? 

Les sprays qui contiennent des corticoïdes constituent le traitement de premier choix de la rhinite allergique, du rhume des foins ou de la rhinite due à une allergie à la poussière ou aux acariens. De bonnes études scientifiques ont montré, avec un niveau de preuve très élevé, que ce type de traitement était efficace sur l’ensemble des symptômes de la rhinite allergique, avec une tolérance bien meilleure que pour les médicaments antihistaminiques en comprimés par voie générale, qui provoquent souvent de la somnolence. Néanmoins, même inhalés, les corticoïdes ne sont pas toujours dénués d’effets secondaires. Ils passent quand même dans la circulation sanguine générale et sont repris dans la liste des produits dopants, même en cas d’usage local comme l’inhalation. Jusqu’à aujourd’hui, ces sprays n’étaient délivrables que sur ordonnance, par précaution par rapport aux effets secondaires graves que peuvent induire les corticoïdes à fortes doses, en particulier chez les enfants en croissance, mais aussi parce que la rhinite allergique est une pathologie chronique nécessitant un suivi médical. Ils sont jusqu’au 31 mars 2017 remboursé en catégorie B, comme tous les médicaments importants. 

Si l’on tente de diminuer l’usage des antibiotiques ainsi que celui des sprays nasaux, quelles sont les alternatives en cas de refroidissement, de rhume ou de problèmes respiratoires ? 

En cas de rhume, on peut avoir recours à des sprays de solution saline isotonique, on peut veiller à bien s’hydrater, boire des boissons chaudes et, surtout, prendre du repos pour permettre à notre organisme de se débarrasser du microbe qui l’agresse. Les antibiotiques ne servent à rien en cas d’infection virale. Or, un rhume, quelle que soit la couleur des sécrétions qui coulent du nez, reste une rhinite virale. Et même en cas de sinusite aiguë qui peut compliquer un rhume et être causée par une bactérie, les antibiotiques sont rarement nécessaires. Les défenses immunitaires de l’organisme sont normalement suffisantes.