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La contraception en pleine mutation

​Paris Match Belgique publie chaque semaine une chronique sur la santé des Belges avec Solidaris.

Delphine Ancel, responsable d'études, et Martin Wauthy, directeur marketing à l'Union nationale des Mutualités socialistes, ont piloté une enquête sur la contraception. Ils en livrent les résultats et suggèrent quelques pistes. 

La contraception en pleine mutation

Quels sont les principaux enseignements de votre enquête et ses parallèles avec le même sondage réalisé en 2010 sur le sujet ? 

Les femmes ont une meilleure connaissance de certains moyens contraceptifs comme le patch (+ 6 points), l’implant (+ 14 points) et le préservatif féminin (+ 8 points). Ces « nouveaux » moyens ont d’ailleurs le vent en poupe car ils sont plus utilisés : 12 % des femmes disent avoir déjà essayé un anneau vaginal et 6 % un implant (elles étaient 3 % à en dire autant pour ces deux moyens en 2010). En parallèle, ces moyens contraceptifs moins connus et utilisés (implant, piqûre trimestrielle, préservatif féminin, anneau vaginal) tendent à être perçus comme plus ables qu’en 2010. En outre, en 2017, 29 % des femmes belges déclarent n’avoir jamais changé de contraceptif (ni moyen, ni marque de pilule, ni type de stérilet) alors qu’elles étaient 46 % à en dire autant en 2010. Cette tendance à changer de méthode contraceptive se marque donc fortement et est aussi liée à une moindre satisfaction quant à deux moyens contraceptifs importants : le préservatif (- 12 points) et la pilule (- 6 points). Une autre évolution particulièrement marquante entre les deux sondages tient au fait que les femmes sont beaucoup plus nombreuses qu’avant à indiquer comme contraintes le fait que les contraceptifs ont des effets secondaires (61 % des femmes en 2017 : + 24 points par rapport à 2010) et que ceux-ci sont nocifs pour la santé (40 % des femmes en 2017 : + 16 points par rapport à 2010). 

Les Belges ont-ils une bonne connaissance des contraceptifs à leur disposition ? 

En général, au sein de la population belge francophone, cette connaissance est variable. Lorsqu’il est demandé aux répondants, au travers d’une liste, s’ils connaissent différents contraceptifs ne serait-ce que de nom, leur connaissance est bonne (+ de 80 % disent connaître ce moyen) pour la pilule, le stérilet et le préservatif masculin, moyenne (entre 70 % et 40 %) pour les méthodes naturelles, l’anneau, le préservatif féminin, le patch, l’implant et le diaphragme, et faible (moins de 30%) pour la piqûre trimestrielle et la cape cervicale. 

Les indices de confiance varient-ils selon les méthodes ?

Sur cette question, il est important de distinguer la confiance des Belges en matière d’efficacité des contraceptifs et à propos de la composition de ceux-ci. Si la première est relativement élevée sur l’ensemble des méthodes contraceptives (à l’exception des méthodes naturelles), la seconde est particulièrement basse : la moitié de la population belge francophone est inquiète de la composition hormonale de certains contraceptifs et 4 femmes sur 10 estiment que ceux-ci ne sont pas bons pour la santé. 

L’avortement a beaucoup fait débat en Belgique ces dernières semaines. Cette étude permet-elle de chiffrer le recours à l’interruption volontaire de grossesse ? 

Solidaris s’engage plus que jamais pour défendre le droit à l’interruption volontaire de grossesse. Faire croire que le fait de permettre d’interrompre une grossesse dans de bonnes conditions rend cet acte banal est complètement inexact. 4 % seulement des répondants pensent que l’IVG est un moyen contraceptif. Et 15,8% des femmes belges francophones (presque une sur six) entre 14 et 55 ans ont déjà eu recours à l’IVG. Ce chiffre était de 13 % en 2010.

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