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Sexualité: une question de limites, de timing et de respect

En matière de sexualité, il est essentiel de respecter les limites et le timing de son/sa partenaire. C’est le message central de la nouvelle campagne d’information et de sensibilisation consacrée à l’importance du consentement au sein des relations sexuelles, initiée par la Fédération des Centres de Planning Familial des Femmes Prévoyantes Socialistes (FCPF-FPS).

 

« L’objectif principal de cette campagne est de sensibiliser chaque citoyen/ne à l’importance de respecter le timing et les limites de son/sa partenaire dans le domaine de la sexualité », explique Eloïse Malcourant, Chargée de communication et responsable éducation permanente  à la Fédération des Centres de Planning Familial des Femmes Prévoyantes Socialistes. 

« Les limites qu’une personne se fixe sont des barrières qui déterminent ce avec quoi elle se sent à l’aise et en sécurité ou non. Ces limites sont variables d’une personne à une autre. Par exemple, une personne va dans un cas fixer ses propres limites au baiser, une autre les posera à une position sexuelle spécifique dans une situation et dans une seconde situation fixera ses limites à la simple amitié. Le timing renvoie à la notion de temps. Chaque personne possède son propre timing. Dans un contexte sexuel, le bon timing se traduit par une synchronisation entre nos envies, nos limites, notre état émotionnel, la qualité de la relation… permettant à la personne de se sentir prête », ajoute-t-elle.

Respect et communication

La campagne sensibilise aussi chaque citoyen/ne à l’importance du respect et de la communication positive entre les partenaires dans le domaine de la sexualité. Ce genre de communication vise à adopter une attitude bienveillante basée sur l’écoute, l’ouverture d’esprit, le dialogue et la coopération. Elle permet d’aborder des situations de pression, de conflits, de divergences et d’opposition sous un angle positif et constructif.

Pourquoi ce projet au sujet du consentement sexuel ? « En Belgique francophone, peu de campagnes sur le consentement sexuel ont été réalisées ces dernières années. Et les outils pédagogiques sur cette thématique destinés tant au grand public qu’aux professionnels manquent à l’appel », précise encore Eloïse Malcourant.

Vu ce manque d’informations à combler, la FCPF-FPS a estimé qu’il était nécessaire de développer une réflexion sur les relations interpersonnelles égalitaires et la notion de consentement dans le domaine de la sexualité. La FCPF-FPS a entamé sa réflexion en  diffusant un questionnaire en ligne relatif au consentement sexuel en avril dernier. 1.036 personnes y ont répondu. Les résultats de ce sondage ont confirmé la pertinence de la mise en place d’une telle campagne : 91% des répondants ont déjà entendu parler de la notion de consentement sexuel, 18% des répondants pensent que si une personne ne réagit pas, ni physiquement, ni verbalement lors d’un rapport sexuel, elle est consentante tandis que 11% des répondants (1 personne sur 10) estiment qu’une personne qui accepte d’avoir un rapport sexuel, après insistance de la part de son/sa partenaire, est consentante.

Il y a donc encore du travail…

Laurence BRIQUET - Sud Presse - 06/10/2018

Les outils de la campagne 

Dans le cadre de cette campagne, trois capsules vidéos présentant trois situations concrètes et réalistes où la notion de consentement est questionnée ont été tournées. Ces supports audiovisuels se présentent sous forme de témoignages interprétés par des comédiens et des comédiennes déconstruisant certains stéréotypes liés à la culture du viol et au consentement sexuel. « Les scénarii des capsules vidéos produites se basent sur les résultats du sondage en ligne réalisé par la FCPF-FPS et ont été construit en concertation avec les professionnels des Centres de Planning familial des FPS », note Eloïse Malcourant, Chargée de communication et responsable éducation permanente à la Fédération des Centres de Planning Familial des Femmes Prévoyantes Socialistes.

La première vidéo illustre le message qu’être d’accord pour flirter ne signifie être d’accord d’avoir une relation sexuelle. Cette situation a pour objectif d’insister sur le droit de tout un chacun de ne pas avoir envie d’avoir un rapport sexuel, quels que soient les raisons et le contexte préalable et l’importance de s’assurer du consentement de son/sa partenaire, quel que soit le moment.

Tabou à déconstruire

La seconde capsule vidéo a pour objectif de mettre en évidence qu’il n’y a jamais d’obligation à consentir à un rapport sexuel, quel que soit le lien qui unit les deux personnes. Cette vidéo fait référence au viol conjugal. Le tabou à déconstruire est ici en lien avec la notion de « devoir conjugal », encore très présente dans les esprits. Il est important de rappeler que cette notion n’a aucune valeur légale en Belgique. Dans la partie du Code civil consacrée aux mariages, il n’y a aucune mention du devoir conjugal et le viol conjugal est condamné par la loi depuis 1989.

Enfin, la 3ème capsule porte sur le fait que « l’absence de réaction ne veut jamais dire qu’il y a consentement ». Cette situation vise à sensibiliser le public par rapport au phénomène de sidération, qui est un mécanisme de défense qui se manifeste chez de nombreuses victimes de viol. L’objectif est d’insister sur le fait que, lorsque le/la partenaire ne réagit pas (verbalement et physiquement), cela signifie qu’il ne peut pas y avoir consentement de sa part.

Ces capsules sont diffusées sur la page Facebook de la FCPF-FPS et sur l’hébergeur vidéo Viméo. Afin d’accompagner ces vidéos, un dossier pédagogique destiné aux professionnels du réseau psycho-médicosocial en Fédération Wallonie-Bruxelles a été rédigé. Ce dossier peut être employé dans le cadre de la mise en place d’animations à la vie relationnelle, affective et sexuelle. A noter aussi que des cartes postales reprenant les messages centraux de la campagne seront prochainement diffusées. Et, pour finir, des événements destinés au grand public sur la thématique du consentement au sein des relations sexuelles se tiendront durant le dernier trimestre de 2018 en Wallonie et à Bruxelles.

Pour plus d’informations sur la campagne « Chacun/e ses limites. Chacun-e son timing. La sexualité, ça passe d’abord par le respect », rendez-vous sur www.planningsfps.be.