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Un projet pour améliorer la santé des détenus

La santé mentale et les assuétudes mieux accompagnées dans les prisons wallonnes



L’asbl « Un pass dans l’impasse » (Réseau Solidaris) a été choisie par le gouvernement wallon pour mener à bien le projet pilote de promotion de la santé et d’accompagnement des détenus en matière de santé mentale, de gestion des assuétudes et de réduction des risques dans les prisons du sud du pays.

En 2017, le KCE, le Kenniscentrum (Centre fédéral d’Expertise des Soins de santé) mettait en lumière la situation alarmante des détenus par rapport aux soins de santé prodigués dans les prisons belges. Si l’on compare la santé de la population générale à celle de la population carcérale, seuls 51,2% des détenus sont en bonne santé contrairement à 74,1% de la population générale. Cela signifie que la moitié des détenus présente des problèmes de santé physique (maladies infectieuses, sida, hépatite, gale…) et psychique (troubles psychiques, dépression, addictions aux substances psychoactives, idées suicidaires.). Fréquemment, des détenus arrivent en prison avec une santé déjà déficiente et la surpopulation carcérale n’arrange en rien la situation (10.305 détenus le 27 décembre 2018, soit 11% de trop par rapport aux places disponibles)

Selon l’asbl « Un pass dans l’impasse », le centre de prévention et de promotion de la santé en milieu carcéral, installée à Saint-Servais, cette situation n’a pas à avoir lieu. « Les détenus méritent la même prise en charge que la population générale. C’est pourquoi « Un pass dans l’impasse » a décidé de s’engager dans cette voie: permettre ainsi aux détenus d’améliorer leur santé globale et favoriser la continuité des soins », explique Anthéa Alberico, chargée de projets au sein de l’association « Un pass dans l’impasse » (Réseau Solidaris).

  • Accompagnement des détenus

En décembre dernier, l’asbl a été reconnue par le gouvernement wallon pour mener à bien le projet pilote de promotion de la santé et d’accompagnement des détenus en matière de santé mentale, de gestion des assuétudes et de réduction des risques dans les prisons du Sud du pays.

Un nouveau service a donc vu le jour. Ce service travaille en collaboration avec un partenaire stratégique (Service Éducation Santé de Huy) ainsi qu’avec un Comité de Partenaires (I.Care, Modus Vivendi, CRéSaM, Centre de planning familial de Namur – Réseau Solidaris).

L’asbl a travaillé sur ce projet durant plusieurs mois et une convention pluriannuelle a été mise en place de 2019 à 2022, période pendant laquelle l’association va travailler avec d’autres partenaires pour améliorer la santé des détenus dans les 15 prisons wallonnes.

Comment ça va se passer ? Ce nouveau projet pilote va permettre la mise en place de différentes actions tant pour les détenus que pour le personnel pénitentiaire. Cela pourra consister en une mise à disposition d’outils et d’informations pour mieux comprendre le système de soins, une aide au niveau des démarches de dépistage, la prévention des addictions et des risques encourus, la proposition d’un accompagnement individuel et collectif en matière de santé mentale (prévention du suicide…) mais aussi la formation et la sensibilisation du personnel à ces thématiques.

Afin de réaliser au mieux ces actions, l’asbl Un pass dans l’impasse a donc ouvert un troisième centre et s’engage, en plus de ses interventions quotidiennes, à améliorer la santé des détenus, individus qui sont souvent mis sur le côté.

  • Soins de première ligne en prison: confidentialité non respectée

En Belgique, on comptait, en 2015, quelque 35 prisons : 17 en Flandre, 16 en Wallonie et 2 en région bruxelloise. Elles accueillaient un peu plus de 11.000 détenus.

Dans son rapport « Soins de santé dans les prisons belges : situation actuelle et scénarios pour le futur », le Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé rappelait que la base de données Epicure révélait, à la même époque, que 203.903 prescriptions avaient été délivrées dans les prisons belges en un an. Près de 80% des détenus ont reçu une prescription pour un médicament. Sur les 4.386 détenus présents pendant la période complète, 94% ont reçu au moins 1 prescription.

  • Rôle du généraliste

Une large majorité des prescriptions (43%) concernaient des médicaments actifs sur le système nerveux (par exemple, des antidépresseurs ou des anxiolytiques). Viennent ensuite, par ordre décroissant, des médicaments pour les voies respiratoires, le système locomoteur, le système digestif et contre les infections.

Toutes les études parviennent à la conclusion que les problèmes de santé des détenus sont plus fréquents que pour une population équivalente en dehors de la prison.

Dans chaque prison, les soins de première ligne sont assurés par un service médical. Les médecins généralistes y jouent un rôle central.

Le rapport a également montré des problèmes liés aux soins de première ligne comme la confidentialité non respectée (les détenus doivent généralement demander une consultation chez le médecin à l’aide d’un formulaire qu’ils doivent remettre à un agent pénitentiaire) ou le fait qu’il n’y ait pas de système de garde médicale pour les problèmes de santé urgents.



 

Laurence Briquet - SudPresse - 19/09/2020