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​Mieux appréhender la ménopause

La ménopause est vécue et perçue différemment dans le monde en fonction des cultures ou de la région. Ce phénomène naturel touche toutes les femmes à l’approche de la cinquantaine et désigne le moment où les ovaires arrêtent de produire les hormones de la reproduction. Bien que définitive, cette étape importante dans la vie d’une femme peut être passée en douceur grâce à un encadrement de qualité.

  

Le 18 octobre, ce sera la journée mondiale de la ménopause. Profitons de cette occasion pour mieux comprendre ce mécanisme avec le Docteur Boute, gynécologue au CHU Sainte-Élisabeth et consultante au Centre de Santé du Namurois, asbl du réseau Solidaris.

A partir de quand une femme peut-elle être concernée ?

Cela dépend vraiment de chacune. Chaque cas est différent. L’âge moyen de la ménopause en Europe, c’est 52 ans plus ou moins. Mais il est certain que les premiers signes, les premières plaintes (c’est-à-dire la « périménopause »), peuvent arriver vers 47/48 ans. Toutefois, certaines peuvent avoir une ménopause un peu plus tardive et commencer à avoir les premiers signes vers 55 ans.

Il y a tout de même un facteur héréditaire important : si la mère a été ménopausée tard, souvent la fille le sera aussi. Dans certains cas extrêmes, il est possible que la ménopause soit précoce et survienne vers 30-35 ans. Mais ces cas sont exceptionnels et issus également d’un terrain familial particulier.

Quelles sont les différentes étapes de la ménopause ?

Il y a d’abord la « périménopause ». Au début, toutes les plaintes arrivent de manière aléatoire. Cela fluctue : ça va mieux certains mois puis ça recommence en fonction de l’apparition ou de la disparition des symptômes et des règles. A partir d’un moment, ce sera non-stop. C’est là que la ménopause commence. Il n’y a pas vraiment d’étape, ça « chipote » un peu puis ça s’installe complètement.

Vous parlez de plaintes. Quels sont les premiers symptômes qui peuvent alerter ?

C’est un état général. En premier lieu, il y a les symptômes plus courants comme les bouffées de chaleur qui arrivent en même temps qu’une irrégularité dans les cycles, tant en fréquence qu’en abondance. Il peut également y avoir une sécheresse vaginale qui entraîne une grosse diminution de la libido et donc, de l’activité et de la satisfaction sexuelle. Tout va de pair. 

Ensuite, il y a les signes moins fréquents : l’irritabilité ou l’anxiété, les insomnies, l’humeur un peu dépressive, les problèmes de sommeil, ... C’est le yo-yo des hormones. Mais aussi les problèmes urinaires (difficultés à uriner, besoin d’uriner davantage, légère incontinence), les problèmes cardiaques ou les douleurs musculaires et articulaires.

Le diagnostic peut mettre du temps pour être posé car beaucoup de plaintes peuvent ne pas être attribuées spécifiquement à la ménopause.

Comment soulager les symptômes ?

Avant, on avait tendance à donner des hormones quasi tout de suite. Mais une étude a montré qu’il y avait tout de même un risque. On a donc arrêté totalement d’en prescrire. Le problème, c’est qu’il y a eu une augmentation de l’ostéoporose et des fractures car le traitement hormonal protège fortement au niveau osseux.

De nouvelles études démontrent qu’un traitement hormonal n’est pas si nocif et peut même apporter un certain confort de vie. C’est évidemment à adapter en fonction du profil de la patiente. Attention toutefois : le cancer du sein est en contrindication formelle avec les traitements hormonaux. Celles qui ont ou ont eu un cancer du sein ne peuvent malheureusement pas recourir au traitement hormonal.

Une alternative aux hormones est la phytothérapie. Ce sont des plantes qui se mettent sur les récepteurs des œstrogènes et qui fonctionnent assez bien pour les bouffées de chaleur. Cependant, elles mettent évidemment plus de temps et ne satisfont qu’une petite partie des femmes. Si les symptômes sont supportables, c’est une méthode à essayer pour les soulager. De plus, la pratique d’une activité sportive (2x par semaine) peut vraiment être bénéfique pour aider à supporter ces plaintes.

Est-il utile de consulter quand les premiers symptômes apparaissent ?

C’est surtout une question de qualité de vie. Si elle n’en pâtit pas, il ne faut pas nécessairement consulter mais continuer à faire ses visites classiques de contrôle auprès de son gynécologue. Si l’on est vraiment pas bien, si cela ne va plus du tout avec son conjoint au niveau sexuel, si on se réveille régulièrement la nuit, il faut consulter son médecin traitant ou son gynécologue pour trouver un traitement adapté à son problème.

Toutes les femmes sont-elles concernées de façon égalitaire ? Y-a-t’il des facteurs aggravants ?

Non, toutes les femmes ne sont pas égalitaires. Elles auront toutes une ménopause un jour mais parfois de façon très très douce ou, au contraire, avec énormément de difficultés pour la gérer. Il y a des femmes qui n’ont rien du tout puis d’autres qui, à 80 ans, ont encore beaucoup de bouffées de chaleur. Tout le monde n’est pas sur le même pied d’égalité et on adapte vraiment le traitement en fonction de chacune, aux risques, à la famille et à la façon dont on réagit.

Comme pour tout, on encourage également à consommer moins d’alcool et pas de tabac. Si les hormones peuvent un peu augmenter le risque de développer un cancer du sein, l’alcool et l’obésité sont deux facteurs aggravants bien pire que les hormones.