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Des inégalités hommes/femmes qui s’accentuent en 2017

Pour la troisième année consécutive, Solidaris a pris le pouls de la société belge francophone, sondant sa confiance et son sentiment de bien-être. Comment les Belges francophones se sentent-ils aujourd’hui ? Quel est leur état d’esprit ? Quelles sont leurs conditions de vie ? Quel est leur rapport à la société ? À la citoyenneté ? Quel est leur état de santé physique et psychique ?

Après une année 2017 chargée en évènements politiques, ce troisième baromètre dresse un état des lieux de notre société qui nous permet ainsi de comparer la situation de 2017 avec celles de 2016 et 2015. Ce sont plus de 1 000 personnes formant un échantillon représentatif de la population belge francophone qui ont participé à cette enquête, via téléphone ou par Internet au cours du mois de septembre 2017.

Pour la première fois en 3 ans, l’indice global de bien-être diminue passant de 56,3 à 54,5 sur une échelle de 100. Une baisse légère mais incontestable, de près de 2 points.

Une des explications de cette baisse est à chercher notamment du côté de la santé. En Belgique francophone, même si 75 % des citoyens trouvent notre système de santé d’excellente qualité, ils sont plus de 66 % à estimer que cette qualité de soin est aujourd’hui menacée, et ce, uniquement pour des questions budgétaires.

À côté de cela, les inégalités s’accentuent de plus en plus. Si pour 10 % des personnes interrogées, la vie est belle (l’indice de bien-être grimpe jusqu’à 86,7), pour 10 autres pourcents, la vie est bien différente (avec un indice bien-être qui ne dépasse pas 15,7). 
Si on dresse un portrait de ces deux opposés, on trouve, d’un côté, majoritairement des hommes (60 %), des travailleurs (52 %) et des personnes avec un niveau d’étude élevé (27 %).
De l’autre côté, majoritairement des femmes (63 %), des gens en incapacité de travail et des personnes peu diplômées. Aucune des personnes de ce second groupe ne pense avoir réussi sa vie…

Concernant les inégalités hommes/femmes, en 2017, elles s’aggravent. Ainsi, si l’on se focalise uniquement sur l’indice bien-être, l’écart entre les hommes (57,8) et les femmes (51,7) a quasiment doublé en 3 ans. Un constant alarmant !

On ne peut taire enfin le pessimisme grandissant quant à l’avenir de la société et la méfiance profonde vis-à-vis des institutions, des politiques et des banques. Il faut toutefois se réjouir et souligner que les relations humaines se portent plutôt bien, elles s’améliorent même ! En effet, les Belges déclarent que leurs proches et leur famille participent à rendre leur vie meilleure et donc à améliorer leur bien-être. Près de 70 % des Belges se disent satisfaits de leur vie amoureuse, 63 % se sentent épanouis dans leur sexualité et 72 % ont de vrais amis sur qui ils peuvent compter.

Pour Jean-Pascal Labille, les constats dévoilés dans cette étude nous montrent une nouvelle fois que nous vivons dans un monde de plus en plus dual et qu’une telle évolution inquiète et fragilise notre société. Ce constat ne peut nous laisser indifférent. Une mutualité doit prendre position sur le modèle de société qu’elle veut voir émerger. Or, nous souhaitons une société conciliant les dimensions sociales et économiques et qui soit en capacité de créer et de redistribuer de la richesse. Et celle-ci se mesure d’abord par son capital social, et non uniquement à travers son capital financier.

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