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​Problème de sexe ? Osez consulter !

Que l’on soit adolescent, adulte, senior, homme ou femme, les raisons de consulter un ou une sexologue sont multiples. Sans tabou et sans jugement, le professionnel aide à trouver le bien-être sexuel mais pas que…



D’après le SPF Santé Publique, le sexologue clinicien « est un professionnel spécifiquement formé dans le but d’améliorer la santé sexuelle de toutes les personnes, malades ou en bonne santé, de couples, de familles, groupes ou communautés. » Qui se rend justement chez le sexologue ? « Parmi mes patients, j’ai vraiment de tout », explique Catherine Jamotte, sexologue clinicienne à la clinique André Renard, à Herstal. « Des adolescents, des trentenaires, des quarantenaires mais aussi des seniors, des retraités dynamiques qui n’ont pas de raison de ne pas avoir une sexualité joyeuse, sans oublier des personnes malades ou qui l’ont été. Je dirai autant d’hommes que de femmes. Les hommes consultent généralement pour une dysfonction érectile (éjaculation précoce ou qui ne se maintient pas…), avec cette angoisse de la performance, alors que la femme vient davantage pour une baisse de désir ou parce qu’elle a du mal à atteindre l’orgasme. Il y a également des personnes qui viennent me voir par rapport à leur orientation sexuelle », ajoute-t-elle.

Trois axes de travail

La sexologie clinique est donc une discipline à part entière. « On se concentre sur le bien-être physique, mental et social, avec une approche positive de la sexualité et des relations sexuelles pour que les gens vivent des expériences sexuelles libres, sans discrimination et sans violence », poursuit Catherine Jamotte. Son travail fonctionne selon trois axes : psychologique (le mental des patients), médical (le souci vient peut-être d’un problème médical) et social. « On prend en compte ces trois domaines pour travailler avec le patient, pour qu’il se sente mieux dans sa vie et dans son couple. On ne peut pas isoler le patient de son contexte. Le boulot, la famille ou les amis peuvent avoir un impact sur la sexualité. On travaille en collaboration avec d’autres professionnels de la santé comme les médecins. »

Comment ça se passe ? « On fait une anamnèse du patient (NDLR : retracer les antécédents médicaux du patient) pour essayer de voir d’où vient le problème. Une éjaculation trop rapide peut, par exemple, venir d’une prise de médicaments, d’un cancer ou d’un régime alimentaire. » Dans le cabinet du ou de la sexologue, on parle sans tabou. « On aborde le sujet du sexe et tous ceux en lien avec ça. Si on se pose une question, dans le cabinet du ou de la sexologue, on est écouté, sans jugement. Il n’y a pas de tabou. Vous savez, je ris beaucoup avec les patients. On est justement là pour faire reculer les tabous et casser les fausses croyances autour de tout ça. Je reçois, par exemple, des gens qui sont en couple depuis plus de 20 ans et où il y a certains couacs et une certaine lassitude. Plutôt que de se perdre ou de zapper leur relations, ils consultent et je les aide à réinventer leur sexualité. C’est d’autant plus important avec l’espérance de vie qui devient de plus en plus longue », ajoute-t-elle.

En couple

Peut-on consulter en couple ? « Bien sûr. Madame surprend Monsieur à regarder du porno et c’est la crise. Venir en parler avec un ou une sexologue, c’est l’occasion de mettre un éclairage sur le porno, de calmer la crise et d’expliquer que les hommes fonctionnent davantage sur le visuel que les femmes. Cela peut aussi concerner un parent qui a du mal à parler de la sexualité avec son adolescent ou encore un couple qui a  connu l’adultère. C’est bien de venir en parler. On entre alors dans la thérapie de couple pour retrouver une sexualité épanouie. Maintenant, si le couple ne fonctionne pas bien, il n’y a pas de miracle. Cela peut aboutir à la séparation mais un sexologue peut en tout cas désamorcer les choses. »

Le développement de l’internet et des réseaux sociaux accentue encore les problèmes. « On est effectivement dans une société où tout va vite et où internet peut devenir un souci car une relation, même uniquement virtuelle, peut miner la relation de couple, même s’il n’y a pas de contacts physiques, et faire beaucoup de dégâts. »

Il est donc important de consulter avant qu’il ne soit trop tard et ne pas avoir peur de franchir la porte d’un de ces spécialistes. « Cela ne peut déboucher que sur un mieux. On ne va pas consulter parce qu’on va mal mais pour aller mieux. La santé sexuelle est un droit reconnu par l’Organisation Mondiale de la Santé », conclut la sexologue. Autant faire en sorte qu’elle soit donc la plus épanouie possible…

Laurence BRIQUET - Sud Presse - 17/08/2019