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Pro Santé

EDITO : Les soins de santé ne peuvent être la vache à lait de l’assainissement budgétaire ! (23/10/2014)

​Le programme du Gouvernement nouvellement mis en place se dévoile peu à peu à l’opinion publique. Si, dans les mots, le nouvel exécutif aimait à pointer la priorité qui allait être donnée aux dossiers socio-économiques, force est de constater qu’il s’agira avant tout de procéder à un vaste assainissement budgétaire. Dont le secteur des soins de santé risque bien de ne pas sortir indemne.

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour connaître les intentions du nouveau Gouvernement en matière de soins de santé : ce sera des économies, encore des économies et toujours des économies.

C’est là la seule conclusion qui peut être tirée de l’épure budgétaire qui a été soumise par le Gouvernement aux instances de l’Inami. D’ici 2018, le secteur des soins de santé devra ainsi réaliser au minimum 1,9 milliard d’euros d’économies structurelles.

De par son ampleur, l’effort demandé par le nouveau Gouvernement en matière de soins de santé impactera nécessairement et directement l’ensemble des acteurs du secteur, à commencer par les patients. L’augmentation du ticket modérateur ou le report de l’application du tiers-payant social obligatoire pour les malades chroniques ne constituent que quelques exemples de la longue liste de mesures d’austérité qui se préparent.

Ce choix de reporter directement sur les patients une partie des efforts budgétaires à réaliser constitue une rupture totale avec ce qui avait été entrepris jusqu’ici et nous entendons le dénoncer avec force.

Si nous avons bien conscience des difficultés budgétaires auxquelles le Gouvernement doit faire face, nous ne pouvons souscrire à faire de l’assurance maladie la vache à lait de l’assainissement budgétaire.

Cela nous est d’autant plus insupportable qu’il demeure d’importants besoins urgents qui restent insuffisamment remboursés : les soins dentaires (48% de ces soins sont actuellement financés sur une base privée, d’où le choix des patients d’y renoncer ou de les reporter), les soins de santé mentale (leur remboursement n’est garanti que de manière très limitée), le matériel médical à l’hôpital (pour lequel le patient supporte, en moyenne, 20% du coût), etc.

Investir pour répondre aux besoins non rencontrés des patients tout en prenant ses responsabilités dans l’assainissement des finances publiques, c’est là l’attitude que nous avons toujours veillé à adopter. C’est en ce sens que le 6 octobre dernier déjà, avec les autres organismes assureurs, nous avons soumis à l’Inami une proposition de budget 2015 de l’assurance maladie. Cette proposition prévoyait de nouvelles initiatives dans le domaine des soins dentaires et des soins de santé mentale à hauteur de 160 millions € financés grâce à des économies ciblées renforçant l’efficacité du système sans toucher au patient ; parallèlement, la proposition de budget formulée par les organismes assureurs fixait une contribution de l’assurance maladie à hauteur de 1,15 milliard à la réduction du déficit de l’Etat fédéral en 2015.

Si elle n’a pu rassembler une majorité autour d’elle, cette proposition atteste néanmoins qu’il est tout à fait possible de réaliser des efforts substantiels sans mettre en cause les fondements-mêmes de notre système de soins de santé dont l’excellence n’est plus à démontrer.

En agissant comme il le fait, le Gouvernement crée un grave précédent : il pose les jalons d’une politique qui amènera chaque patient à devoir choisir entre l’accessibilité ou la qualité de ses soins. C’est là une orientation dont nous n’entendons en aucun cas être complices et contre laquelle nous lutterons avec force, dans l’intérêt de l’ensemble des patients du pays.

Michel Jadot, Président de l’UNMS, et Jean-Pascal Labille, Secrétaire général de l’UNMS