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Thermomètre Solidaris 5 - Les médicaments (septembre 2014)

Comment vivons-nous avec les médicaments ?

Réalisée en collaboration avec la RTBF et le jounal Le Soir, la dernière enquête du Thermomètre Solidaris porte sur notre perception des médicaments. Ce sondage a été réalisé par Internet auprès d’un échantillon de 1000 personnes représentatives des Belges francophones de 18 à 70 ans et 240 professionnels du secteur  médical (120 médecins généralistes et 120 pharmaciens).

Quelle est la place des médicaments dans notre vie ?

D’emblée, un constat s’impose : le recours aux médicaments est de plus en plus important.

  • 67% des patients-consommateurs et 70% des médecins généralistes estiment que nous faisons vraiment un usage excessif du médicament.
  • 47% des personnes trouvent que notre société privilégie le curatif plutôt que le préventif. On soigne par des médicaments quand la maladie est là plutôt que d’agir en amont. Les médecins généralistes (51%) et les pharmaciens (59%) partagent ce sentiment.

On assiste donc  à une réelle « médicamentation » de la société, à une extension du champ des pathologies et au développement des « pilules miracles ». Diverses situations de la vie (deuil, cafard, stress au travail, désobéissance de l’enfant., troubles du sommeil…) sont désormais présentées et entraînées dans le champ de la pathologie avec une prescription médicamenteuse ad hoc. D’un objet strictement médical, le médicament est devenu un produit de consommation particulier, une marchandise. 

Quelles sont les causes de cette surconsommation / surprescription ?

  • La demande des patients-consommateurs : l’ordonnance devient un contre-don du médecin au patient. 67% des médecins généralistes se rendent compte que, pour leurs patients, la prise de médicaments est une réponse facile et immédiate à un problème d’hygiène de vie ou relationnel.
  • Le manque de temps en consultation, mais surtout la pression sociale : près d’1 médecin généraliste sur 2 (46%) ressent une obligation de résultats immédiate. Sur le marché de l’emploi, le patient a peur d’être en congé de maladie, il préfère prendre des médicaments plutôt que de prendre le temps de se reposer.
  • La puissance du marketing de l’industrie pharmaceutique : un peu plus d’1/3 des médecins et pharmaciens pensent que les entreprises pharmaceutiques construisent des marchés pour vendre des médicaments.
  • Le recours à l’automédication et Internet : 60% des pharmaciens et 52% des médecins généralistes constatent une croissance de l’automédication, 60% des patients-consommateurs regardent  ce qu’ils ont dans leur pharmacie familiale avant d’aller chez le médecin.  Les pharmaciens (72%) et les médecins généralistes (60%) estiment qu’Internet joue un rôle important dans la croissance de l’automédication.
  • Le conditionnement des médicaments : 59% des patients-consommateurs, 59% des médecins généralistes, et 78% des pharmaciens estiment que les boîtes de médicaments sont trop grandes, qu’elles contiennent trop de doses et génèrent du gaspillage.

Cette surprescription de médicaments est vraiment reconnue par plus de 3 médecins généralistes sur 10. Pour les professionnels, elle est d’ailleurs source d’inquiétudes (57% des médecins généralistes pensent que les gens ont vraiment besoin d’aide pour réduire leur consommation de médicaments). Mais ils se sentent toutefois assez démunis : les médecins reconnaissent des lacunes dans leurs connaissance des médicaments, dans leur formation à la pharmacovigilance, ils ont des doutes par rapport  aux informations transmises par l’industrie pharmaceutique.

Pour réduire le prix des médicaments : focus sur les génériques et la DCI

  • Concernant les génériques, les patients-consommateurs y sont plutôt favorables : 68% d’entre eux déclarent accepter systématiquement une prescription de médicaments en version générique. Les médecins généralistes sont, par contre, plutôt mitigés quant à leur équivalence en termes d’efficacité thérapeutique et de sûreté par rapport aux médicaments originaux.
  • En ce qui concerne la prescription en DCI (sous la Dénomination Commune Internationale : le nom de la molécule), les médecins généralistes sont plutôt réticents : 48% des médecins généralistes interrogés n’ont pas confiance en l’indépendance des pharmaciens à l’égard des entreprises pharmaceutiques. La majorité des patients-consommateurs, par contre, y sont favorables et ont confiance.

Pistes de propositions

Afin de promouvoir un usage raisonné et pertinent des médicaments, et donc diminuer leur coût individuel et collectif tout en assurant l’accès aux médicaments de qualité pour tous, Solidaris – Mutualité Socialiste distingue 3 niveaux d’intervention :

  1. Communiquer en profondeur auprès du grand public, via différents canaux.
  2. Rapprocher les médecins, les pharmaciens et les pouvoirs publics afin d’agir davantage au niveau de la prévention.
  3. Agir au niveau de la politique du médicament : imposer la prescription en DCI pour les traitements aigus, interdire la publicité TV pour l’ensemble des médicaments, généraliser la médication « sur mesure », mettre en place un « Observatoire de la prescription »…

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