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Seul face à l’administration : un écrivain public à la rescousse

​A Liège, une volontaire aide les personnes précarisées qui ont des soucis avec l’écriture.

 

Partant du constat que nombre de personnes se trouvaient en grande difficulté face aux multiples documents administratifs qui leur étaient adressés et qu’elles ne comprenaient pas, le Réseau Volontaires Solidaris Liège a décidé d’agir.

Silvana Zilli et Véronique Fagan coordonnent toutes deux le Réseau Volontaires Solidaris Liège qui est né d’un constat. La Mutualité Solidaris et son réseau associatif étaient régulièrement contactés par des personnes qui avaient du temps libre et souhaitaient le mettre à profit dans des actions de volontariat. Il est rapidement apparu que les propositions de ces volontaires pouvaient répondre aux envies et aux besoins d’activités (ou de services, d’apprentissages…) de différents publics aux situations de vie variées. 

« Un des constats était que nombre de personnes se trouvaient en grande difficulté face aux multiples documents administratifs qui leur étaient adressés et qu’ils ne comprenaient pas », explique Véronique Fagan.  « Les personnes en situation d’isolement, de difficulté de compréhension de la langue française, de manque de maîtrise de la lecture et de l’écriture… se trouvent très seules face à tout ce qui touche à l’administration et aux réglementations. Elles sont aussi souvent dans l’impossibilité de rédiger elles-mêmes des écrits officiels voire même personnels », ajoute-t-elle. 

« Ces personnes, ces familles sont pénalisées aussi par rapport à leurs droits et peuvent également ne pas satisfaire à leurs « devoirs » par manque de compréhension des demandes écrites qui leur sont adressées ».

Isolement et précarité

L’idée a donc germé de lancer une activité d’écrivain public. Le Réseau Volontaires Solidaris a pris contact avec le PAC (Présence et Action Culturelles) de Liège afin de collaborer avec lui et pouvoir bénéficier de son expertise. Une bénévole, Arlette, a été formée par le PAC. « Silvana et Arlette sont allées à la rencontre des publics « ciblés ». Elles se sont rendues, notamment, dans divers services sociaux en contact avec les personnes en situation d’isolement et de précarité. Elles ont aussi rencontré les personnes inscrites aux cours de FLE (Français Langue Etrangère) des Écoles FPS », note encore Véronique Fagan. 

C’est à partir de là que, depuis septembre 2019, les permanences « écrivain public » ont pris une réelle ampleur. Après plusieurs semaines de fonctionnement, de rencontres avec les personnes en demande d’aide et comme à chaque fois qu’une activité dite « de première ligne » est mise en place. « Force est de constater que ce qui est identifié, c’est l’état de solitude et de dévalorisation des compétences des personnes entraînant le manque de confiance en soi et l’effacement de la proximité entre les gens. Ce qui apparaît également clairement, c’est la distance qui s’est creusée entre les services publics et la population. Le climat de contrôle est devenu de plus en plus pesant pour les personnes et à terme, anxiogène pour elles : les réglementations très (trop) nombreuses et les « papiers » leur font peur », conclut la coordinatrice, ajoutant que l’écrivain public peut leur être d’un grand secours et que c’est la raison du lancement de ce service. 


Laurence BRIQUET - SudPresse -