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Inclusion de la personne en situation de handicap dans les villes et communes : tout ce qui va changer

L’an passé, 64 communes ont été labellisées Handycity®, en région bruxelloise et en Wallonie. L’occasion de mettre en avant la nouvelle mouture de la charte communale pour l’inclusion de la personne en situation de handicap.


En 2018, 64 communes, de toute tailles et de tous bords politiques, ont été labellisées Handycity®, en région bruxelloise et en Wallonie. « Handycity®, c’est un label qui vise à encourager les communes qui travaillent à l’inclusion des personnes en situation de handicap dans toutes les facettes de la vie communale », explique Rose Eboko, chargée du projet à l’Association Socialiste de la Personne Handicapée (ASPH). « Quelle que soit son envergure, chaque projet qui pourrait améliorer la qualité de vie des personnes en situation de handicap au sein de leurs communes est à encourager. Handycity® est en quelque sorte une reconnaissance des personnes en situation de handicap et de l’ASPH pour les efforts fournis au quotidien par les communes », ajoute-t-elle.

Mandature communale

Derrière le label, c’est en fait un travail qui couvre toute une mandature communale qui est félicité. « Pour accompagner au mieux les communes, une charte communale de l’inclusion de la personne en situation de handicap est soumise à toutes les communes en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette charte, qui leur parviendra d’ici cet été, réinvitera les communes qui souhaitent poursuivre leur engagement ou le débuter à nous rejoindre », explique Manon Cools, chargée de communication et d’éducation permanente à l’ASPH.

Dans cette charte, les communes trouvent une série de points qui sont autant de pistes à explorer pour favoriser le bien-être et l’inclusion des citoyens à échelle communale. Jusqu’à présent, elle contenait 15 points. Une nouvelle mouture de la charte va être proposée pour simplifier la vie des communes et coller au mieux à la réalité. « La charte et le label ont déjà 18 ans. Il était temps de rafraichir le concept, tout en gardant ses bases. Les communes sont à présent habituées au label, il ne faut pas tout changer à tout prix », complète Rose Eboko.

Faciliter la vie des citoyens en situation de handicap

Si une commune souhaite entamer un projet d’inclusion, elle adhère à la Charte. À partir de ce moment, les communes peuvent contacter l’ASPH pour être accompagnées dans leurs démarches. C’est cet accompagnement qui rend possible la réalisation de nombreux projets communaux. « Parfois, les communes imaginent qu’elles devront débloquer un budget immense pour travailler la question de l’inclusion, alors que quand nous en discutons ensemble, nous pouvons identifier avec elles des aménagements qui sont peu coûteux mais qui peuvent déjà grandement faciliter la vie des citoyens en situation de handicap. L’accompagnement permet aussi d’aborder sereinement le pré-bilan, qui évalue quant à lui ce qui a déjà été initié comme projets et éventuellement rectifier le tir ou proposer de nouvelles idées aux communes. » développe Rose Eboko.

Cet accompagnement permet également à l’ASPH de mettre en réseau des communes qui ont de bonnes pratiques ainsi que des expériences probantes ou novatrices à partager. En fin de mandature, ce sont les personnes en situation de handicap elles-mêmes ainsi que les travailleurs de l’ASPH qui ont accompagné les communes qui décident de l’octroi ou non du label sur la base d’une grille reprenant un ensemble de critères.

Quel avenir pour le label ?

Le label va évidemment perdurer dans le temps. « Les évaluations sont positives, il s’agit d’un accompagnement et d’une reconnaissance qui ont de la valeur pour les communes et pour les personnes en situation de handicap directement », ajoute Manon Cools. La charte communale de l’inclusion va être modifiée et se recentrer sur cinq points clés (au lieu des 15 existants jusqu’à présent). Cela permettra aux communes d’aller davantage en profondeur sur des points précis. Comme c’est le cas jusqu’à présent, le projet Handycity® intègre les personnes en situation de handicap dans la phase d’accompagnement et d’évaluation des communes. « Nous réfléchissons encore à la nouvelle mouture que prendra l’évaluation finale du label. Nous souhaitons élargir le jury et revoir les modalités de labellisation des communes », confie Rose Eboko.

Par ailleurs, la nouvelle mandature 2019-2024 sera l’occasion de mettre un important focus sur les réseaux sociaux. « Le grand public doit avoir connaissance des efforts fournis par les communes pour pouvoir en profiter. Dans certaines communes, des aménagements formidables sont créés mais les personnes en situation de handicap n’en sont pas informées. Il nous faudra travailler à cela. Les réseaux sociaux nous permettront, tout au long du projet Handycity®, de communiquer les avancées des communes, les besoins des citoyens, les témoignages de personnes qui bénéficient au quotidien de quelque chose qui a été mis en place dans leur commune… ».

En tant que citoyen, que faire ?

Tous les citoyens qui le souhaitent peuvent interpeller leur commune par le biais du Collège, du conseil consultatif, du point Handicontact ou du référent handicap pour demander à ce que la commune signe dans un premier temps la Charte. Ensuite, ils peuvent également réinterpeller la commune pour s’assurer que les projets mis en œuvre ou en passe de l’être répondent bel et bien aux besoins des personnes en situation de handicap.

Laurence BRIQUET - Sud Presse - 22/06/2019 

Plus d’informations sur Handycity® ou sur la manière d’interpeller votre commune à ce sujet, vous pouvez contacter Rose Eboko à l’adresse rose.eboko@solidaris.be ou au 02/515.17.56.